25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 17:17

hsl

"Et maintenant, si vous trouvez convenable", il utilisait encore les mêmes mots que j'avais vu si souvent devant mes yeux en amérique, "de visiter le sud de la France et pouvez prendre le train de 7h10 pour Avignon ce mardi soir, vous trouverez ensuite des indications sur votre destination.

 

C'est le seul avis que je puisse vous donner à présent.

 

Que la Paix soit avec vous!

 

Je serais heureux de vous revoir encore une autre fois... si vous revenez à Paris...

 

Il tendit la main.

 

Il y avait eu une pause significative avant qu'il ne prononce ces mots si lentement: "si vous retournez à Paris".

 

Y avait-il un doute à ce sujet?

 

Est-ce que quelque chose pouvait me retenir au point que je ne puisse pas retourner à Paris?

 

Etait-il en train de me refoidir ou de me tester afin de voir si je pouvais être découragé d'entreprendre le voyage?

 

"Avant que vous ne partiez, j'aimerais seulement vous montrer une de mes gravures", dit-il, tandis qu'il faisait glisser en arrière la porte d'une vitrine.

 

J'ai toujours été intéressé par l'Art et je me demandais pourquoi je n'avais pas manifesté quelque intérêt pour les gravures qui étaient accrochées autour de moi de tous les côtés...

 

J'avais surement été obsédé par ma quête pour ne pas avoir témoigné pour un art aussi rare que celui là.

 

-"Parmi les nombreuses et magnifiques visions que vous pourrez voir dans ce pays il y a celle-ci.

 

Vous ne voyez ici qu'une représentation matérielle d'un haut lieu spirituel.

 

Cette vieille tour, un bâtiment très ancien, est vraiment un grand monument français.

 

Un jour, vous pourrez voir cette tour, souvenez vous alors que j'ai attiré votre attention sur elle.

 

Je crois que vous chérirez toujours ses représentations et celle-ci en est une excellente, une belle pièce, du beau travail.

 (à suivre)

(épisode précédent)

(début du voyage)

---

Version américaine:

"And now, if you find it convenient," he began again, using those same words that I had seen before my eyes so many times in America, "to visit the South of France, and can take the 7:10 train to Avignon on Tuesday evening, you will find further instructions at your destination. This is all the advice I may give you now. May Peace be with you. I shall be glad to see you sometime again - if you return to Paris."

He extended his hand. There was a significant pause before he spoke those words so slowly - "if you return to Paris." Was there any doubt of it? Could something detain me so that I might not come back to Paris? Was he trying to frighten me, or test me, to see if I would be discouraged in taking the trip?

"Before you go, I would like to show you just one of my pictures," he said, as he slid back one of the class doors of a cabinet. Art had always interested me and I wondered why it was that I had not shown some interest in the etchings that hung around me on all sides. I was surely obsessed with my errand not to have become interested in art so rare as this.

"Among the many beautiful sights you may see while in this country is this one. You see here only a material representation of a spiritual place. This old tower - a very old building - is one of the truly great French monuments. Some day you may see this tower, then remember that I have called your attention to it. I believe that you will always cherish a view of it and this is a very excellent piece of work."

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 19:59

donjon-capitole.jpg 

Dans son Voyage d'un Pélerin vers l'Est, Harvey Spencer Lewis utilise le terme mystérieux de "Frater Donjon", en français dans le texte.

 

Il convient de rechercher le sens du message symbolique de "Frater Donjon" qui semble relié à l'idée d'une tour que les rosicruciens cherchent depuis longtemps à Toulouse en croyant d'abord qu'il s'agissait du "Donjon du Capitole" (ci-dessus).

 

Mais il est intéressant de découvrir le hiéroglyphe suivant. C'est le "O233" qui est assez rare et que l'on ne trouve que dans des ouvrages très spécialisés.

 

Il représente une tour avec un curieux jet qui s'écoule. Il se prononce "senou" ou "sounou". Les égyptologues le traduisent comme une tour de guet. C'est peut-être un château d'eau.

 


senou-gly-bistrot.jpg

 

 Or "sen" est le mot égyptien pour le "frère" et le "ou" final ajoute le pluriel. "Senou" pourrait se traduire par "les frères" ou "la fraternité" ou encore la "fratrie". 

 

Un autre sens de "sounou" est le "médecin".

 

Cela fait beaucoup de coïncidences qui gravitent autour de cette idée de "Frater Donjon": le donjon, la fraternité, les personnes qui soignent, et enfin la source qui pourrait exprimer la résurgence...

 

Il serait certainement profitable de dédier à ce symbole une méditation...

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 22:36
hslVous devrez parcourir une certaine distance, pour recevoir les prochaines indications. Au terme final de votre voyage vous devrez encore recommencer. Suivez les indications mais préservez votre écoute interieure.
 
-"Merci Monsieur!", c'est tout ce que je pus dire. Dans mon cœur, j'avais peur et je pensais autrement que ne l'indiquaient mes mots au point que soudain il pointa son doigt vers moi et heurta mon corps avec de fortes vibrations qui provenaient de se sa pensée et de son ame.
 
-"Formalisme, cérémonial, conventionnalisme... C'est américain, ce n'est pas rosicrucien! Vous dites: «Merci», car c'est la coutume de le dire. Mais dans votre cœur, vous ressentez différemment.
Sans accorder vos paroles à vos ressentis, sans briser les barrières des formes et des coutumes et sans devenir naturel vous ne pourrez jamais accomplir le voyage. 
Vous devez devenir une âme humble recherchant à tâtons la Lumière. 
Vos références comptent pour zéro! Ce n'est pas ce que vous avez été dans le passé, dans vos affaires mondaines, qui pourra vous porter assistance, mais ce que vous êtes devenu désormais, à partir de ce moment.
Laissez votre fierté, votre amour-propre, votre élévation d'esprit, vous envahir et les ténèbres vous engloutiront. Rejetez votre précieuse réputation, c'est son seul caractère qui fait le vrai chercheur de Lumière!
Loin de votre moi terrestre, soyez l'homme que Dieu vous a fait, juste une de Ses humbles âmes priant pour être guidée, implorant à haute voix son aide, et soyez toujours conscient de votre ignorance, de votre faiblesse et de votre unité avec tous les hommes!"   
 
-"Quel est votre jour de naissance? Votre année de naissance? Et votre heure de naissance? Et quel est votre nom correct? Votre adresse américaine? Et vos attachements familiaux?" 
 
A cela, je donnais les réponses dans l'esprit le plus rampant et le plus humble. Je commençais à ressentir qu'après tout, j'étais intensément une âme humble, faible, ignorante en présence d'un être qui pouvait voir clairement l'être véritable en moi. Il ne cherchait pas à m'impressioner par sa supériorité comme un écrit froid sur un papier pourrait le laisser supposer. J'ai senti qu'il me transmettait, que je devais comprendre, que lui aussi était juste dans ce qu'il me révélait, j'étais ainsi, je devais le savoir.

Version américaine:

"You shall travel some distance and the inquire for further directions. At the final end of your journey you shall begin again. Always go as you are directed, but keep your own counsel!"

"Thank you, Sir," is all I could say. In my heart I fear I thought otherwise than my words indicated, for he suddenly pointed his finger at me and fairly shook my body with the strong vibrations that came from his mind and soul.

"Formality! Form! Conventionality! - that's Americanism! It's not Rosaecrucianism. You say "Thank you" because it is the custom to say it. In your heart you fell differently. Unless you speak as you feel, unless you break down the barriers of form and custom and become natural, you can never make the journey. You must become a humble soul groping for Light. Your credentials count for naught. It is not what you have been in the past in your worldly affairs that will assist you, but what you become now, from this moment on. Let your pride, your self-esteem, your spirit rise, and the darkness will engulf you. Cast away your precious reputation - it is character alone that makes the true seeker for Light! Away with your worldly self - be a man as God made you - just one of His humble souls praying for guidance, crying aloud for help, and ever conscious of your ignorance, your weakness and your oneness with all men!"

"What is your birth day? your birth year? and your birth hour?

"And what is your correct name? your American address? and your family connections?"

To these I gave response in a most crushed and humiliated spirit. I began to feel that, after all, I was a most humble, weak, ignorant soul in the presence of one who could plainly see the real self in me. He did not impress me with superiority, as the cold words on this paper would seem to indicate. I felt that he meant that I should understand that he too was just what he said I should know I was.

Commentaires:
- "Au terme final de votre voyage vous devrez recommencer...", une révélation sur le fonctionnement des enseignements rosicruciens...
- Le terme "direction" a été traduit par "indication", cela peut se discuter...
-"Keep your own counsel" est une expression qui peut aussi être comprise de façon moins mystique par "gardez pour vous vos opinions" voire "gardez le secret"... 
- Le point d'orgue de cet épisode est la dernière phrase qui est particulièrement ambigüe et permet à chacun de projeter son interprétation. Tous les mots anglais sont relativement faciles à traduire, mais la quête du sens global nécessite une réelle harmonisation avec l'auteur...  
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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 10:09

hslA midi, je parvins rapidement à la boutique du professeur. J'avais pris soin d'être ponctuel. Je sentais que j'avais suscité suffisamment de critiques et que ma conduite était sous observation. Je ne savais pas, en réalité, que j'étais si étroitement surveillé. Les tentations de Paris sont nombreuses. Beaucoup d'hommes que j'avais rencontrés sur le paquebot avaient des plans élaborés pour voir "Paris by night". C'est le cheminement naturel pour les américains qui viennent voir Paris. De telles choses, toutefois, ne me tentaient pas et je n'étais pas concerné par ma conduite morale à Paris. Si j'avais répondu aux sollicitations de beaucoup de personnes que j'avais rencontrées pour me joindre à ceux de mon pays qui vont voir un Paris inimaginable... je savais qu'alors, j'aurais dû non seulement regretter ma conduite, mais qu'en plus j'aurais souffert la défaite de mes espoirs les plus fondés.

Le professeur ne me reçut pas dans la boutique, mais m'appela depuis son bureau et m'invita à prendre place. Cette fois, il ferma la porte derrière moi, nous isolant de ceux qui étaient dans la boutique.

-"Quelle est la question à laquelle vous souhaitez que je réponde?", me demanda t-il d'une manière très professionelle.

"Que devrais-je faire". Je commençais timidement et doucement: auparavant, j'avais pesé très prudement chaque mot que je prononçais, sachant pleinement que cela devait représenter mes désirs exprimés sous la forme d'un appel. 

"Que devrais-je faire pour apprendre où et comment je pourrais être considéré comme un postulant à l'admission dans votre Ordre sacré?"

Avais-je bien parlé? Etais-ce trop hardi? Beaucoup de questions me venaient à la conscience avant qu'il ne me réponde. J'attendais et pensais. Allait-il encore critiquer mes mots? Allait-il refuser de répondre? Il m'avait semblé que des heures défilaient pendant qu'il m'observait et me transperçait au plus profond de mon être avec ses yeux. Mais une minute ne s'était pas écoulée avant qu'il ne parlât.

(à suivre)

Episode précédent

Début du Voyage 

Version américaine:

I reached the Professor's store promptly at noon. I was careful to be prompt. I felt that I had incurred sufficient criticism and that my conduct was under observation. I did not know that in reality I was being closely watched. The temptations of Paris are many. Most of the men I met on the steamer had plans well made for seeing "Paris by night." It is the usual way for Americans to see Paris. Such things, however, did not appeal to me and I had no concern of my moral conduct in Paris. Had I acceded to the requests of many I met, of joined with those from my country who where going to see the real Paris, I knew that I should have not only regretted my conduct, but have suffered the defeat of my fondest hopes.

 

The professor did not meet me in the store, but called to me from his office to come there and be seated. He closed the door behind me this time, making us isolated from those who were in the store.

"What is the question you wish me to answer,"? he asked, now in a very business-like manner.

"What shall I do," I began timidly and slowly; for I was weighing very carefully every word I spoke, knowing full well that it must represent my desires and yet be in the form of a plea. "What shall I do to learn how and where I may be considered an applicant for admission into your sacred Order?"

Had I spoken well? Was I to bold? Many questions came to my mind before he answered. I waiting - and thought. Would he again criticise my words? Would he refuse an answer? It seemed hours that he gazed at me and pierced my very soul with his eyes. But it could not have been more than a minute before he spoke.

 

Commentaires:

-On reconnait le symbolisme du deuxième degré: le candidat n'a plus comme dans le premier degré à solliciter son admission dans le temple. Il franchit le seuil directement. C'est à un autre niveau qu'il est reçu et ce niveau est inaccessible au degré inférieur: "la porte de la boutique" est fermée..

-L'heure est intéressante, c'est un symbole, il est "midi".

-Le professeur est très "professionel": c'est sa "fonction" d'écouter les questions, encore faut-il qu'elles soient correctement posées à tout point de vue.

-La question doit être préparée au préalable...

.  

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 23:25

hsl.gifCes questions me faisaient savoir que l'entrevue était parvenue à ton terme. Je m'étais levé, lui avais serré la main cordialement, avais été reconduit à la porte et dans la rue.

Tandis que je m'étais éloigné de la boutique et parvenais au mur du quai surmontant la Seine, j'ai vu que juste en dessous, à un pâté de maison, il y avait eu un pont, et l'image que j'avais remarqué sur le mur de la boutique du professeur revint devant moi. Il s'agissait d'un vieux moine dans la tenue la plus noire conduisant un enfant au travers d'un pont semblable. Les eaux de la Seine à prèsent etaient calmes et scintillaient, illuminés par l'ensoleillement, cela m'avais semblé accentuer le fait que sur l'image, l'eau était turbulente, menaçante. Etais-je conduit à traverser un pont qui m'aurait emmené au dessus des eaux turbulentes? Cela m'émerveillait! Ou bien se révèlerait il être un "Pont des Soupirs"? Je savais alors bien peu des soupirs, des larmes et des chagrins qu'il pourrait y avoir. Mais c'était si glorieux!

* * * * * * * * *

Lundi matin, je me préparais pour ma deuxième visite. Circuler dans Paris sans un guide et sans une bonne connaissance du français est comparable à la recherche du chemin de la sortie dans une sorte de labyrinthe de cristal. D'amusants petits taxi vous attendent à chaque coin de rue prêts à vous emmener n'importe où. Mais quand vous ne parvenez pas à faire comprendre au chauffeur où vous désirez aller, c'est très déplaisant. Je devais me résoudre à écrire tous les noms et adresses sur un bloc et je m'assimilais aux sourds-muets qui doivent recourir à ce moyen d'expression.  

(à suivre)

- Début du feuilleton

- Episode précédent

 

Version américaine:

.Merely questions to let me know that my interview was at an end. I arose, shook hands with him cordially, was led to the door and on into the street. As I walked away from his store and came to the wall surrounding the Seine I saw that just below, a block away, there was a bridge; and before me came the picture that I had noticed on the wall of the Professor's store. It was of an old monk in blackest robes, leading a child across a similar bridge. The waters of the Seine, now quite and glistening with the bright sunlight, seemed to accentuate the fact that in the picture the water was turbulent, threatening. Was I being led across a bridge that would take me over the turbulent waters? I wondered! Or would it prove to be a "Bridge of Sighs"? Little did I know then that sighs there would be, and tears and heartaches. But oh, so glorious!

* * * * * * * * *

Monday morning I prepared for my second visit. Travelling around Paris without a guide, and without a good knowledge of French, is very much like making one's way out of a crystal maze. The funny little taxi-cabs await you at every corner - ready to take you anywhere. But when you cannot make the driver understand where you want to go, it is very unpleasant. I had to resort to writing all names and addresses on a pad, and I likened myself to the deaf-and-dumb who must resort to this means of expression.

 Commentaires: 

 C'est une traduction très ambigüe... Il est difficile par exemple d'affirmer que le pont existe ou qu'il n'existe plus. "It was a bridge" se traduit généralement par "il y avait un pont", mais on ne tient pas vraiment compte du fait que le prétérit anglais correspond au passé composé français: "il y avait eu un pont".  Le reste de la phrase aurait pu permettre de trancher, mais au contraire le "wall surrounding the Seine", littéralement "le mur qui environne la Seine" fait très bizarre. S'ajoute à cela le "below" qui signifie "en dessous" qui peut laisser entendre qu'il s'agit d'un vestige de pont en contrebas, ou d'un vrai pont un peu plus loin. L'information est volontairement floue...

Evidemment, il convient de décoder le message qui, à l'évidence, n'a plus grand chose à voir avec une représentation concrète du 6ème arrondissement de Paris...

Restons sur l'idée que le narrateur est parvenu à passer l'initiation au 1er degré du temple. Nous avons vu la sincérité indispensable auparavant, pour passer le "seuil". Il se présente alors un "pont" à franchir pour s'élever définitivement au dessus du bas astral. L'homme sombre qui entraine le petit garçon, exprime que des entités sombres tentatrices peuvent détourner le cheminement, et c'est elles qui sont utilisées pour passer le pont... On devine qu'il ne faut pas se laisser pièger... sinon le pont se tranforme en "Pont des Soupirs" comme celui qui, à Venise, conduit les condamnés du tribunal à la prison. Ce serait ici une sorte de prison astrale, comme par exemple un égrégore.

Il convient ensuite de savoir se diriger. A ce niveau l'initié n'est pas encore capable d'aller ou il veut et doit se mettre dans certaines conditions, exprimées par les "taxi-cab", littéralement les "taxi cabines". Mais il faut écrire correctement sa destination car sinon on peut être conduit "n'importe où" comme un sourd-muet du monde astral...

Nous avons donc une idée du travail précis à accomplir sur soi pour l'initiation au 2ème degré qui suivra...

 

 

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 16:37

hsl- "Et vous avez ici votre carte de visite...", dit-il alors que j'en extrayais une de mon portefeuille.  

"Ceci est typiquement américain, ou ... des citoyens des USA. Leur carte est considérée comme un passeport, leur lettre d'introduction, leur lettre de crédit, leur mot de passe dans la socièté, leur admission au ciel et la clef de tout ce qu'ils désirent.

Je crois même qu'elles peuvent être imprimées par centaine pour quelques francs."

Il n'a pas daigné regarder ma carte, et, embarassé par ses remarques, je la replaçais dans mon portefeuille. Il contenait d'autres papiers qui constituaient pour moi un intérêt considérable. Ceux-ci avec ma carte m'avaient bien servi dans des affaires terrestres, mais je sentais instinctivement qu'ils n'avaient aucune valeur à présent... Et certainement pas auprès du professeur!  Je fermais donc mon portefeuille et j'allais le replacer dans ma poche. Mais il retint le mouvement de mon bras et, me regardant d'un regard chargé de sens, il me dit:

- "Et vous n'auriez pas un papier qui ne ressemble pas aux autres?"

Je réfléchis un moment et tentais de discerner sa pensée, l'étrange lumière dans ses yeux était reconnaissable entre toutes.

Il me signifiait que j'avais précisément dans mon portefeuille ce qu'il s'attendait à recevoir. Qu'est-ce que c'était? Je pensais rapidement..., ce fut comme un résumé de tout ce qui avait bien pu m'être donné durant ma vie entière. Mais, en un éclair, une chose surgit devant moi: le carré de papier que l'étranger m'avait donné sur le paquebot. 

- "J'ai ceci", répondis-je, en le tirant de mon portefeuille. "C'est seulement une adresse, et quelques lignes supplémentaires", ajoutai-je, tandis que je remarquais pour la première fois que l'écriture sous le nom et l'adresse constituait une sorte de sentence. "Peut-être est-ce à ceci que VOUS pensez." Je ne pouvais pas contribuer à l'impressionner par le fait que j'avais relevé son évidente référence à un certain papier particulier...

-"Oui, c'est ce que je demandais. Cela signifie peu pour vous, sans doute guère pour moi. Mais pour d'autres cela signifiera une grande affaire quand le moment sera venu.  
Je vous suggère seulement de bien le préserver, de le garder toujours à portée de main et de ne le montrer que lorsque vous serez INDIRECTEMENT sollicité pour le faire. Si vous voulez bien demander à me voir à nouveau lundi matin, vers midi, je serai très heureux de répondre à votre seule question! C'est une journée magnifique... Je pense que vous aviez vécu une agréable traversée de la mer!  Vous aimez notre Paris?"

(à suivre)

Episode précédentdébut du Voyage

Version américaine:

 

"And you have there your business card," he said, as I drew one from my wallet. "That is typically American, or rather of the United States citizen. His card he considers as his passport, his letter of introduction, his letter of credit, his pass-word into society, his admission into heaven and his key to all that he desires. Yet I believe they can be printed for a few francs per hundred."

He did not offer to look at my card, and, abashed at his remarks, I returned it to my wallet. There were other papers there of considerable interest to me. They - with my card - had served me well in worldly matters, but I felt instinctively, that they were of no value now. Certainly not to the Professor. So I closed my wallet and made to place it in my pocket. He detained my arm in its movement, and looking significantly at me said:

"And have you not a paper there which does not resemble the others?"

I thought a moment - and I seemed to discern his meaning; for the strange light in his eyes was unmistakable. It meant that I did have - that I could take from my wallet that which he fully expected to receive. What was it? I thought rapidly - it seemed like a resume of my whole life and all that had ever been given to me. But, in a flash, one thing stood out before me - the square piece of paper which the foreigner had given me on the steamer.

"I have this," I replied, as I drew it from my wallet. "It is only an address, and a few lines of other writing," I added as I noticed for the first time that the writing below the name and address was in the form of a sentence. Perhaps this is what YOU mean." I could not help impressing him with the fact that I had noticed his evident reference to some particular paper.

"Yes, this is what I sought. It means little to you - perhaps little to me. It will mean a great deal to others at some time. I merely suggest that you preserve it, keep it always at hand and show it only when you are INDIRECTLY asked to do so. If you will call to see me again on Monday morning - about noon - I will be very glad to answer the one question for you. It is a beautiful day. I trust you had very pleasant trip across the sea. Do you like our Paris.?"

 Commentaires: 
 "américain ou des citoyens des USA": petite nuance pour faire sentir l'impérialisme américain...  
 Le carré de papier revêt une importance symbolique. Il apparaît comme une "sentence"... Le terme sentence est ambigü et suggère à la fois un formulation et un jugement. après un procés. La rencontre de "l'indien" était donc bien une "épreuve"..   
 Après la recherche astrale du temple, ce premier entretien avec le professeur représente naturellement le passage du "premier degré du Temple". Il n'est possible de le vivre dans son étégralité que si l'on est en possession du "carré de papier"... Quel est donc ce "carré de papier"?  
 "VOUS" et "INDIRECTEMENT", les mots en majuscules transmettent naturellement un sens complémentaire caché... C'est un procédé que Lewis utilisait dans certaines monographies pour transmettre un sens ésotérique à l'aide d'une phrase à reconstituer en fouillant le texte..  
 "Cela signifie peu pour vous et pour moi... " Lewis et le Guide ont naturellement passé le niveau psychique du "premier degré", mais pas forcément le lecteur. L'épreuve concerne les rosicruciens qui suivent le cheminement initiatique.  
 "Vous avez vécu une agréable traversée de la mer" . Naturellement cette formulation arriverait comme un cheveu sur la soupe si la rencontre ne se situait pas dans le monde astral... et le "je répondrais à votre seule question" est naturellement la "promesse" des Guides de la Rose+Croix au premier degré du temple.  
 "Vous aimez notre Paris?"... "Paris" constitue donc le nom de code qui correspond dans le "voyage du Pèlerin" aux premières étapes du cheminement rosicrucien.  
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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 10:01

hsl-"C'est mon grand désir, Monsieur, d'apprendre les lois, les secrets, et les grands principes du Rosæ-crucianisme afin que je puisse fournir mon assistance en les transmettant à ceux à qui je puis être utile et en aidant l'humanité. Je n'ai absolument pas de motif égoïste. Je ne demande pas pour moi - mais pour d'autres à travers moi. Pendant des années, j'ai lu et étudié des filiations de pensées voisines. J'ai édité quelques magazines philosophiques, j'ai écrit dans beaucoup d'autres. J'ai enseigné dans une école philosophique. J'ai reçu la reconnaissance d'une de vos écoles françaises pour mes écrits philosophiques. J'aime ce travail. C'est ma religion. Et j'ai acquis une certaine réputation en Amérique comme étudiant de l'occulte et un conférencier et écrivain. C'est pourquoi je suis si anxieux d'aller plus loin et de faire davantage... " 

 


- "Et vous êtes venu à moi, monsieur", répliqua t-il très rapidement, "sans autre référence crédible que votre réputation et vos œuvres mondaines. 
Vous avez fait en sorte que des honneurs mondains vous soient conférés. Vous avez reçu un diplôme universitaire. Vous ont été reconnus par une Ecole française. Votre nom est bien connu du journalisme occulte américain et des tribunes de conférences américaines. Que des honneurs mondains! Mais qu'en est-il de vous même, de votre réelle autonomie, de votre moi profond? Comment ça s'est ressenti? Comment ça s'est exprimé? Parlez de votre âme, votre ----, enfin, je ne peux pas dire à vous ce que je devrais dire à un autre.  


- "J'ai ici d'autres papiers", ai-je dit en ouvrant mon portefeuille. "Ils concernent mes affaires mondaines, je suppose, 
 mais dégagent certaines petites lumières du travail de ma vie lesquels représentent objectivement mes aspirations et mes idéaux existentiels. Mais de mon âme, de mon être profond, je ne sais comment parler. Je...

 (à suivre)

Episode précédentdébut du Voyage

Version américaine:

"It is my great desire, Sir, to learn the laws, the secrets, the great principles of Rosaecrucianism that I may assist in giving them to those who may deserve, and to help mankind. I have no selfish motives whatever. I seek not for myself - but for others through me. For years I have read and studied on similar lines of thought. I have edited several philosophical magazines, I have written for many others. I have taught in a philosophical school. I have received recognition from one of your French Academies for my philosophical writings. I love the work. It is my religion. And I have gained some reputation in America as a student of the occult and a lecturer and writer. That is why I am so anxious to go further and do more."

"And you have come to me, Sir," he rejoined very quickly, "without other credentials than your worldly reputation and accomplishments. You have had worldly honours bestowed upon you. You have a college degree. You have been recognised by a French Academy. Your name is well-known in American occult journalism and on American lecture platforms. All worldly honours. What of yourself - your real self, your inner self. How has that spoken? How has that developed? Speak of your soul, your ----, well I cannot say to you what I might say to another."

"I have some other papers, here," I said as I opened my wallet. "They concern my worldly affairs I suppose, but throw some little light on my life work which fairly represents my aims and ideals in life. But of my soul, of my inner self, I know not how to speak. I...

----"

 Commentaires: 
 -"lecturer": le terme anglais suscite une ambigüité. C'est un conférencier, parfois un professeur d'université, mais aussi un médium, canal de l'akasha...  
 -"anxious": le choix de ce terme est curieux. Il n'y a évidemment pas d'angoisse ou d'inquiétude dans le fait de vouloir être utile à la Rose+Croix... Y aurait-il une astuce à trouver dans le mot "anxieux"? Est-ce un clin d'œil au lecteur et un adjectif composé sur "ankh" la fameuse croix ansée? L'adjectif "anxieux" prenant alors un sens jubilatoire lié à la vie éternelle, à la personnalité animique...  
 -"Je ne peux pas dire à vous ce que je devrais dire à un autre". Nous touchons évidemment l'enseignement ésotérique et certains éléments précis révélés à Lewis l'initié ne peuvent être dévoilés par Lewis le narrateur.    
 -"(ces papiers) dégagent certaines petites lumières du travail de ma vie lesquels représentent objectivement mes aspirations et mes idéaux existentiels" 
 Lewis caricature dans ses propos la fausse simplicité égotique propre au monde profane qui doit être larguée pour "accéder au temple"... 
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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 15:38

-"Mais, professeur", j'ai repris, "je veux seulement,... je désire apprendre comment je pourrais procéder, si déjà mes espoirs fondamentaux se réalisaient." 

hsl

"Je ne fais pas maintenant de demande pour une admission dans l'Ordre; en ce moment , je demande pas un rare privilège ou un honneur". 

"Je viens à vous uniquement comme un chercheur de connaissance, pour la lumière."

 

Alors que je m'exprimais, une expression plus bienveillante apparut sur son visage et seulement lorsque les deux derniers mots furent littéralement sortis de force de ma conscience par un étrange pouvoir, que j'ai vu s'écarter la barrière entre nous.

Ces mots, "POUR LA LUMIERE", agirent comme les mots magiques de jadis. Cela m'est apparu alors que j'étais simplement en train d'utiliser des mots que d'autres emploieraient comme une manière symbolique pour exprimer un désir pour la Connaissance de l'Est. Mais les années qui se sont écoulées depuis lors m'ont montré que je n'aurais jamais pu utiliser un meilleur symbole ou des mots plus appropriés. La lumière! La clef du Rosaecrucianisme - le mot de passe des royaumes secrets.

-"Alors, mon bon ami, si vous cherchez la lumière", reprit-il, vous devez d'abord 

montrer que vous pouvez être utile à la lumière. Nous sommes nés dans les ténèbres et certains d'entre nous doivent encore vivre dans les ténèbres sur ce plan et dans cette existence. La lumière ne peut pas accéder à chacun! 

 

 L'éclat, le feu, la chaleur, l'illusion de la lumière pourraient aveugler les uns et conduire les autres à la destruction.

Vous devez être sûr que vous servirez la lumière et vous pourrez uniquement la servir en proportion de votre raison pour la désirer.

(à suivre)

Episode précédent, début du Voyage

Version américaine:

"But, Professor," I began again, "I only want - desire - to learn how I may proceed if I am ever to have my fond hopes realised. I make no demand now for admission into the Order; I ask for no rare privilege or honour at this time. I come to you only as a seeker for knowledge - for light."

As I went on with my speech a more kindly expression came to his face and it was only as the last two words were literally forced out of my consciousness by some strange power, that I saw the barrier between us drop. These two words - FOR LIGHT, were like the magic words of old. It occurred to me as I said them that I was merely using words which others had used as a symbolical way of expressing a desire for Eastern knowledge. But the years which have passed since then have shown me that I could not have used a better symbol nor more appropriate words. Light! The key to Rosaecrucianism - the pass-word to the secret realms.

"Then, my good friend, if you seek light," he went on, "you must first show that you deserve light. We were born in darkness and some of us must ever live in darkness on this plane and in this existence. The light cannot come to all. The brilliancy, the fire, the heat, the illusion of Light may blind some and lead others to destruction. You must be sure that you deserve Light and you can deserve only in proportion to your reason for desiring."

--------------

 Commentaires:
 
 Ce texte fournit quelques indications très utiles sur l'effacement indispensable de l'ego dans la quête. Le "désir de lumière" est à justifier par son utilisation. L'ésotérisme se manifestera ensuite par le savoir et le pouvoir... On est loin de la croyance si répandue que la connaissance ésotérique est reçue en fonction de son "mérite passé".  
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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 09:42

hslLe Professeur "X" est un homme bâti avec raffinement, typiquement français dans son apparence et son comportement:  l'extrême courtoisie, les manières polies, la gestuelle expressive, la voix douce et les yeux pétillants d'amour et de respect, le gentilhomme français.  Je lui donnais un âge d'environ 45 ans. Sa barbe bien taillée (taillée dans un style typiquement français), ses joues rubicondes et sa chevelure foncée pouvaient bien cacher son âge véritable.

 

Son langage était parfois bien choisi, mais je me souviens avec quel régal il aventura quelques phrases américaines proches de la langue vernaculaire.

 

Lorsqu'il parlait anglais, il n'y avait qu'une légère indication d'accent français, mais quand il mentionnait les noms français, il était fascinant avec ses tons vocaux si particuliers.

 

-"Et pourquoi cherchez vous à connaitre un Frère de la Rose+Croix"? Il demandait cela alors que nous prenions place dans son vieux bureau à l'ancienne mode.

 

-"Parce que j'aimerais savoir si l'Ordre ancien est en existence silencieuse et s'il est-----". J'avais perdu mes mots. Je ne pouvais pas dire que je voulais devenir un membre. On ne pouvait carrément pas demander un tel privilège, en présence d'un homme comme le professeur «X».

 

-"Et c'est là votre unique excuse pour venir à Paris, pour venir ici? C'est ce que vous appelleriez une curiosité"?

 

-"Ah non professeur." J'ai commencé à sentir que je m'étais moi-même incorrectement exprimé et que j'avais commis une injustice au sujet de mes réelles aspirations. 

 

"Ce n'est pas une curiosité oiseuse qui me fait agir. Je voudrais savoir parce que je veux un jour être l'un d'eux si je le puis." Ainsi, le secret était lâché, pensais-je. Certes j'avais été franc. 

 

-"Mais pourquoi, mon ami ? Vous voulez être l'un d'eux? L'un de qui? Vous VOULEZ être? Vous revendiquez? Vous ne priez pas, vous suppliez encore moins, mais vous demandez! Vous ne connaissez pas l'Ordre, vous n'avez rencontré aucun des fratres, et pourtant vous exigez d'être l'un d'eux, un de l'Ordre!

 

Ce n'était pas une tentative pour me faire sentir que j'étais dans une position maladroite, ou que j'avais été impertinent. Ses remarques se faisaient gentiment, mais avec une précision pointilleuse.

(à suivre)

  

 (épisode précédent, début du "Voyage")

  

Version américaine:

Professor "X" is a man of fine build and fair height, typically French in his appearance and demeanour. The extreme courtesy, the polished mannerisms, the expressive gestures, the soft voice and the twinkling eyes make one love and respect the French gentleman. I judged him to be about 45 years of age. His well trimmed beard (trimmed in the usual French style), his ruddy cheeks and the dark hair might well hide his true age. His language was well chosen at times, but I recall with what delight he ventured a few phrases of American idioms bordering on the vernacular. There was only a slight indication of French accent when he spoke English, but when he mentioned French names he was captivating with his peculiar vocal tones.

"And why do you seek to know a Brother of the Rose Croix"? he asked as we seated ourselves in his very old-fashioned office.

"Because I want to know if the old Order is still in existence and if it is -----". I was lost for words. I could not say that I wanted to become a member. One could not bluntly ask such a privilege in the presence of a man like Professor "X".

"And that is your only excuse for coming to Paris, for coming here? Is it what you call a curiosity"?

"Ah, no, Professor," I began, feeling that I had wrongly expressed myself and had done an injustice to my real motives. "I am not acting out of idle curiosity at least. I want to know because I want, some day, to be one of them, if I may." There, the secret was out, I thought. Surely I was being frank.

"But why, my friend? You want to be one of them? One of whom? Of the Brothers? You WANT to be? You ask as a demand? You neither pray or beg, but demand! You are not acquainted with the Order, with any Brother, yet you demand to be one of them, of the Order!"

There was no attempt to make me fell that I was in an awkward position, or that I was impertinent. His remarks were made kindly, but pointedly.

 

Commentaires:

"Professeur X est". Lewis s'exprime au présent au milieu d'un texte écrit au passé. C'est une manière de faire passer un "aoriste", une forme d'expression que notre langage a perdu mais que l'on trouve en égyptien ou en sanscrit pour exprimer un état absolu, hors de toute contingence, hors du temps.

  

Les joues rubicondes suggèrent une apparence de l'époque de Louis XV : "On ne voulait pas que ce rouge paraisse naturel"

 

Lewis insiste sur le terme de "vernaculaire". Littéralement, "qui est parlé par les esclaves indigènes" ("verna" en latin). ce terme de "vernaculaire" s'oppose à "véhiculaire", la langue plus superficielle de la communication terrestre.

 

Ce texte transmet discrètement ce que les rosicruciens nomment la "supplique du postulant". L'état d'esprit incontournable pour passer des Degrés Néophytes aux Degrés du Temple. La manière de demander en son cœur. 

 


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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 13:23

hslTôt, un matin, j'ai rendu visite au Professeur X et découvert qu'il était propriétaire d'une boutique dont la seule marchandise était de rares et magnifiques estampes et des photographies de "monuments de France".

 

Je vais vous donner aux mieux de mes capacités un bel enregistrement de notre conversation du 7 août 1909:

 

"Êtes-vous le professeur X?". Je parlais en anglais sans réaliser que j'étais en train de parler à un français. En fait je craignais naturellement de m'aventurer en français avec ma connaissance extrêmement limitée de cette langue, et durant mon séjour à Paris, j'avais trouvé beaucoup de personnes qui avaient parlé très bien en anglais.

 

"C'est moi Monsieur". Il me répondit avec une courtoisie très appuyée.
"Et je présume que vous êtes un..."

-Un américain.

"Je parle bien l'anglais, c'est un de mes délices et je suis heureux de m'adresser à vous dans votre propre langue. Qu'est-ce qui vous ferait plaisir?"

 

"J'étais dirigé vers vous", ai-je répondu, "et je vous ai écris une lettre qui vous informait que je vous appellerais cette semaine. Je suis un total étranger pour vous, mon domicile est à New-York. Je ne sais même pas comment vous pourriez m'aider, mais je suis venu avec une question à poser qui pourrait mener à d'autres." 

 

Je comprends votre tribulation Monsieur, et j'ai été informé de vos désirs par Monsieur l'éditeur du ........., il y a quelques semaines. Je suis dans l'attente de vos questions.

 

Il m'introduisit dans un petit bureau aménagé à l'arrière de son magasin. En traversant la boutique, je remarquais que les murs étaient recouverts du sol au plafond de rangements en acajou et des vitrines dans lesquelles étaient suspendues des estampes, des photographies et une opportune aquarelle. Il y avait encore d'autres postes de travail avec des tiroirs dans lesquels, je l'appris plus tard, des centaines d'exemplaires similaires étaient classés comme des parcelles d'un pays. Je me souviens n'avoir vu qu'une seule fois, une autre boutique exclusivement vouée à une ligne d'art comme l'était celle-ci.

(à suivre)

(Cliquer pour relire les épisodes précédents)

 

Version américaine:

I visited the Professor early one morning and found that he was the proprietor of a store whose sole merchandise was rare and beautiful etchings and photographs of the "monuments of France". I will give, to the best of my ability, a fair record of our conversation on August 7th 1909:

"Are you Professor "X"? I spoke in English without realising that I was speaking to a Frenchman. In fact I naturally feared to venture into French with my extremely limited knowledge of it, and during my stay in Paris had found many who spoke English very well.

"I am, sir", he replied with a very profuse courtesy. "And I presume that you are an - an American: I speak English well - it being one of my delights - and I am happy to address you in your own tongue. What is your pleasure?"

"I have been directed to you", I answered, "and wrote you a letter that I would call sometime this week. I am a total stranger to you, my home being in New York City. I do not know just how you can assist me, but I have come with one question to ask which may lead to others."

"I understand your errand, sir, and was informed of your desires by Monsieur, the editor of the ---------, some weeks ago. I await your questions."

He ushered me into a small office partitioned at the rear of his store. As I walked the length of the store I noticed that the walls were banked from floor to ceiling with beautiful mahogany and glass cases within which hung very beautiful etchings, fine photographs and an occasional water-colour. There were other cabinets too, with drawers, in which, I afterward learned, were hundreds of similar prints classified as to sections of the country. I recall having ever seen but one other store devoted exclusively to one line of art as was this.


Commentaires:----

 

Plusieurs termes sons suceptibles d'une inerprétation mystique. Par exemple:

"sole" pour seule marchandise véhicule une idée "solaire" qui se perd en français.

"etchings" transmet l'idée d'estampes réalisées par une gravure à l'eau forte (acide nitrique) 

 

Il est utile de s'interroger sur quel plan se situe la scène. Est-ce une rencontre physique ou psychique?

La langue "anglaise" est pour Lewis le symbole de la langue naturelle, dans laquelle se produit les échanges légitimes. Le guide apparaît donc authentique et légitime. A l'inverse une personne qui ne serait pas au niveau parlerait un "français" incompréhensible.

Lewis insiste par certains mots comme "profuse", sur la générosité énergétique du guide, montrant ainsi sa disponibilité pour le chercheur sincère.

Lewis reste ambigü: "une question qui peut conduire à d'autres". D'autres quoi? D'autres questions ou d'autres guides?

La boutique apparait comme une représentation d'archives akashiques. Une sorte de bibliothèque d'informations disponibles pour ceux qui se placent dans la juridiction du guide.

On peut s'interroger sur le sens de "monuments de France". Sont-ces les œuvres traditionnelles des rosicruciens ? Quelles différences entre les estampes et les photographies. Les estampes correspondent t-elles aux œuvres du passé et les photographies au présent?

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