Au cours des années 1949 et 1950, je consacrais l’essentiel de mon temps à la tenue de la maison, ainsi qu’à m’occuper des personnes venues de la Lahey Clinic et des étudiants de la Boston University.
Mon neveu Arthur et sa femme Sadie vinrent habiter chez moi pendant quelques mois à l’automne et restèrent pour les fêtes. Le week-end du Labor Day 1950, je le passais avec des amis à Springfield, dans le Massachusetts: ils étaient venus me chercher le samedi et me ramenèrent le lundi. Ce fut la deuxième fois seulement que je m’absentais de la maison depuis que Stanley m’avait quittée. Le lendemain de mon retour, je fus terrassée par un violent mal de gorge, sans doute avais-je attrapé un virus, qui se transforma rapidement en bronchite.
J’avais engagé une aide-ménagère pour m’assister dans un grand nettoyage de la maison. Dès lors, au lieu de me mettre au lit comme j’aurais pourtant dû le faire, je me mis à veiller bien trop tard. Un Gémeaux, n’est-ce pas, ne sait jamais quand il est temps de s’arrêter.
Le lendemain du jour où nous avions achevé de remettre la maison en ordre, comme je vidais un tiroir de la commode pour ranger son contenu sur le dessus du meuble, la sonnette retentit. Je descendis ouvrir la porte, deux hommes se tenaient sur le seuil, l’un d’une cinquantaine d’années, l’autre d’environ vingt-cinq ans. Je leur demandai en quoi je pouvais leur être utile, le plus jeune répondit que la Boston University les avait envoyés chez moi pour une chambre.
Je les conduisis à la chambre que je louais habituellement aux étudiants. Ils étaient censés être père et fils. La chambre leur convint parfaitement: il y avait l’eau courante et un lavabo, des toilettes sur le même palier, mais pas de douche. Le jeune homme demanda où il pourrait prendre sa douche. Je lui indiquai qu’il faudrait monter au dernier étage.
Nous redescendîmes au rez-de-chaussée, ils me remirent alors un chèque pour la première semaine. N'étant pas méfiante de nature, je l’acceptai sans hésiter. Le jeune homme souhaita ensuite voir la douche, je les guidai donc jusqu’au premier étage et lui montrai la salle de bains, tout en haut de l’escalier. Il monta, tandis que le prétendu père et moi entrions dans le salon de musique.
Le jeune homme redescendit presque aussitôt et annonça qu’il allait téléphoner du rez-de-chaussée pour qu’on lui apporte ses bagages et qu'il serait de retour à neuf heures ce soir-là. Le prétendu père proposa alors:
Asseyons nous et bavardons un peu.
De l’endroit où l'homme se tenait, il pouvait parfaitement voir l’intérieur de ma chambre, moi, non.
En réalité, au lieu d'aller téléphoner, le jeune homme était passé par ma salle de bains, avait ouvert le tiroir de ma commode et s’était emparé de mes deux bagues en rubis et diamants que je venais tout juste de sortir de leur boîte à montre pour les remettre à leur place habituelle. Le supposé père avait tout observé depuis le salon de musique, il se leva soudain, prétexta qu’il était temps de partir, et tous deux sortirent.
Après leur départ, je retournai à ma commode et constatai que mes bagues avaient disparu. Toute la scène avait été jouée avec une telle maîtrise que seule une personne rompue à ce genre d’escroquerie aurait pu s’en rendre compte sur le moment.
J’appelai la police, mais rien ne fut fait. Je leur demandai expressément de ne pas ébruiter l’affaire : je ne voulais surtout aucune publicité. Quant au chèque, il n’avait naturellement aucune valeur.
Quelques jours plus tard, je lus le récit d’un cas similaire survenu à Dorchester. Je téléphonai à la dame qui en avait été victime, elle m’apprit que plusieurs autres personnes lui avaient confié des expériences tout à fait analogues.
L’une des bagues m’avait été offerte par ma meilleure amie, décédée à Paris, l’autre avait été créée pour moi sur mesure par Stanley, qui avait fait monter plusieurs petites bagues en une seule. Je portais ces deux bagues bien plus souvent que toutes les autres.
Je ne parlai à personne de ce fâcheux évènement. Cependant, peu après, je tombai gravement malade et dus faire appel à mon neveu Arthur et à son épouse Sadie pour qu’ils viennent m’aider.
Je ne descendis pas au rez-de-chaussée durant deux mois.
Je fis part de mon état au médecin de la Clinique qui me suivait régulièrement, et il affirma que c’était le choc psychologique qui l'avaient provoqué.
Je ne pouvais ni manger ni dormir, ni même prendre les médicaments prescrits par le médecin. Je n'avais mal nulle part, mais je toussais sans relâche.
Il ne s'agissait que d’une expérience de plus que mon âme devait traverser. Dans mon enseignement, on affirme que l’âme doit vivre toutes les expériences de ce plan terrestre.
Le dimanche précédent, j’étais sortie dîner avec des amis et j’avais porté ces bagues. Au cours de la soirée, dans un moment où je me trouvai seule, je me souviens d’avoir contemplé ces bijoux, de les avoir admirés et de m’être dit que je les aimais trop, qu’il me faudrait peut-être m’en séparer le jour où, dans ma vie, il faudrait renoncer à toutes les choses terrestres. Ce temps était peut-être arrivé.
Nous ne réalisons pas que chaque pensée est créatrice, et combien nous attirons sur nous-mêmes par nos pensées car de toute parole vaine que les hommes auront prononcée, ils rendront compte et il en est de même pour nos pensées, comme le dit Job: Ce que je craignais le plus m’est arrivé.
La Bible nous dit également que: les pensées sont la substance des choses qu’on espère, la preuve des choses qu’on ne voit pas, alors soyez prudents avec vos pensées.
Je n’ai jamais parlé à quiconque de la perte de ces bagues, car ma famille s’inquiétait déjà suffisamment de me savoir vivre seule. Mon neveu, Arthur Parisian, et son épouse Sadie restèrent auprès de moi jusqu’après les fêtes. Ils parviennent toujours à me remettre sur pied, bien qu’ils aient eux-mêmes soixante-seize ans et que leur santé ne soit pas des plus robustes. Ils débordent d’amour, et c’est précisément cela dont on a le plus besoin lorsqu’on est malade.
J’hébergeais également à cette époque un pasteur baptiste, le révérend Joseph R. Woodman, et son épouse Sue, originaires de Caroline du Nord. Lui suivait des études à la Boston University, et sa femme travaillait avec les enfants atteints de paralysie cérébrale à l’école de Wellesley. Ils utilisaient la cuisine. Ils se montrèrent très aimables et attentifs à mon état. Extrêmement agréables et serviables dans la maison, ils restèrent jusqu’en juin 1951.
Vinrent ensuite deux professeurs d’université du New Hampshire qui préparaient leur doctorat de philosophie. Ils avaient déjà séjourné chez moi l’année précédente.
En septembre 1951, une amie new-yorkaise vint passer quelques jours avec moi. Elle affectionnait tout particulièrement le homard et en acheta quatre. J’en goûtai un peu, car j’en raffolais également, mais cette modeste portion me valut une intoxication alimentaire dont je ne fus vraiment remise qu'au bout de six mois.
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Anglais :
What I feared most happened to me.
Allemand :
Das, wovor ich mich am meisten gefürchtet habe, ist mir widerfahren.
Espagnol :
Lo que más temía me ocurrió.
Italien :
Ciò che temevo di più mi è accaduto.
Portugais :
O que eu mais temia aconteceu comigo.
Grec :
Αυτό που φοβόμουν περισσότερο μου συνέβη.
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