En avril 1922, j’eus un autre accident. Un matin, en montant sur une chaise pour atteindre une étagère haute où se trouvait la confiture pour le petit-déjeuner, la chaise bascula en arrière. Mon bras gauche heurta le dossier de la chaise, se fracturant juste au-dessus du coude, et trois de mes côtes furent fêlées.
Stanley m’aida à bander mon bras contre mon corps. Je téléphonai à la compagnie d’assurance, car j’avais toujours la même police contre les accidents que j’avais souscrite avant mon départ pour la Californie, en 1920. Ils m'indiquèrent un médecin à consulter sur Marlboro Street, qu’ils préviendraient pour qu’il s’occupe de moi. Je pris donc un taxi, le médecin me reçut, banda mes côtes et posa une attelle sur mon bras. Il me demanda de venir à son cabinet deux fois par semaine pour un traitement sur mon bras jusqu’à ce que les os se soient ressoudés.
La compagnie d’assurance couvrit toutes les dépenses et me versa quelques dollars par semaine jusqu’à ce que le médecin me déclare guérie. Ils m'allouèrent ensuite la somme de deux cents dollars, si ma mémoire est bonne, qui servit à couvrir la totalité des soins médicaux.
Les attentions affectueuses que les membres de la Loge me témoignèrent furent très touchantes. Ils m’aidèrent à garder la maison propre, et le fait que Stanley prenne ses repas au Club fut d’un grand secours.
Il fut convenu que le Loge fermerait ses portes de juillet à septembre.
Dans toutes les organisations où hommes et femmes se réunissent, la jalousie, la plus vénéneuse des mauvaises herbes de notre jardin mental, finit toujours par s’infiltrer, et cette organisation n’y échappa pas.
Il y a toujours des hommes et des femmes ambitieux qui pensent pouvoir faire mieux que ceux qui occupent les postes supérieurs. Parmi un groupe qui s’était joint à nous pour apprendre les lois supérieures de la vie droite, certains furent manipulés par les Forces Obscures dans le but de perturber la Loge.
L’autoglorification, l’ambition et l’intellect froid, sans une intuition correspondante, sont fatals à l’Âme, ce qui signifie que l’Âme ne peut entrer en contact avec le cerveau pour lui inspirer de ce qu’elle souhaiterait accomplir sur ce plan matériel.
L’avocat, dont j’ai déjà parlé, persuada l’un de ces ambitieux de s'associer avec lui dans le but de diriger la Loge et d'écrire de meilleures conférences que celles fournies par le Siège. Il avait déjà tenté, de la même manière, en 1918, de me convaincre de travailler avec lui mais j’avais refusé.
Une Sœur avait visité le Siège durant l’été et avait peut-être été inspirée, comme je l’avais été en 1920.
Une autre Sœur était utilisée par le Chef de l’Organisation pour me causer des ennuis. J’avais remarqué depuis un certain temps qu’elle était sous influence, mais je ne lui en avais rien dit car elle ne m’aurait pas crue. Elle a donc dû apprendre la vérité à ses dépens.
Depuis que j’avais commencé à travailler avec le Chef de l’Organisation, il semblait n'avoir d'autre ambition que de me blesser. Peut-être était-il mon Épreuve ou un ajustement karmique, car nous avions travaillé ensemble dans des incarnations précédentes. J’avais également été sa mère lorsqu’il était apparu sur terre sous le nom d’Amenhotep IV. Il y avait peut-être dans son subconscient un vestige de cette période. Il m’appelait toujours Mère lorsque nous étions seuls, tout en étant dans ces moments là, très amical.
Une nuit d’octobre 1921, la Sœur se leva de sa chaise pendant la classe, alors que nous étions sur le point de conclure, annonçant qu’elle avait été nommée Maître de la Loge et que Mme Clemens devait lui remettre toutes les clés, conférences, rituels, etc..
Je lui demandai qui lui avait attribué ce poste, car je n’avais pas été informée d’un quelconque changement. Elle répondit que les Maîtres l’avaient notifiée lui demandant de faire cette annonce lors de la prochaine réunion.
Dans la salle d’attente extérieure, je lui fis part du fait que les Maîtres ne me nommaient jamais Mme Clemens mais toujours Maître ou Patronia, j'ajoutai que je devrais obtenir des informations plus convaincantes avant de prendre une quelconque décision.
Le lendemain, j’écrivis au Chef de l’Organisation à propos de l’incident, et il me répondit par une lettre aux termes très durs, affirmant qu’elle avait raison, qu’elle avait été nommée Maître de la Loge et que je devais démissionner immédiatement.
Quelques temps avant, les Maîtres m’avaient suggéré d’essayer de placer les étudiants les plus avancés à des postes plus élevés et de me retirer discrètement, car l’année à venir allait être difficile.
Je réalise maintenant, en écrivant ceci, qu’ils voyaient clairement la dureté avec laquelle le Chef et ses favoris allaient m’écarter, et qu'ils essayaient de m’épargner la douleur et la tristesse de quitter la Loge et ceux qui étaient chers à mon cœur. Mais avant que j’aie eu le temps de faire quoi que ce soit dans ce sens, les forces destructrices eurent leur moment.
Je réunis les membres pour leur lire la lettre que j’avais reçue. La plupart d’entre eux rejetèrent l'idée de mon départ, mais je répondis qu'il devait en être ainsi, et qu’ils devaient décider de qui ils proposeraient comme Maître.
Ainsi, le Maître Adjoint de l’époque fut nommé, et ils choisirent de nouveaux officiers. Ils firent de mon Scribe le nouveau Secrétaire.
Naturellement, la compagnie de mon Scribe me manqua. Pendant deux ans, nous avions été en étroite collaboration, travaillant et écrivant sous la dictée des Maîtres. Elle seule connaissait ma position et mon avenir, tel que les Maîtres les avaient prédits.
Je savais depuis un certain temps qu’elle éprouvait de la jalousie envers moi, elle devenait également trompeuse. Je ne la rencontrai qu’une seule fois après avoir quitté la Loge.
M'étant rendue au Temple pour récupérer quelque chose. Je la croisai dans le couloir, et elle me dit: Vous ne devez pas venir ici, vous savez que vous devez partir sans rien emporter.
Elle vivait dans une chambre près de la Loge, mais elle et son mari avaient déménagé. Elle ne vécut que quelques mois après cela. Son mari trouva son corps sans vie sur le sol de la salle à manger de leur appartement en rentrant du travail, un soir.
Nous étions informés que l’un de nous trois, le Chef de l’Organisation, elle ou moi, serait rappelé, et nous pensions que ce serait le Chef qui partirait.
Je commençais à comprendre ce qui se passait. Je devais traverser dans cette incarnation toutes les tribulations qu’un Haut Initié doit endurer. Cela symbolisait dans ma vie l’année où Jésus est allé en Égypte (Égypte signifie ténèbres), et pour l’Initié, cela représente la nuit sombre de l’âme, lorsqu’il doit se retirer de la vie publique pendant un temps.
Bien entendu, certains membres pensèrent que j’avais commis un péché impardonnable. Cependant, un groupe d'entre eux me soutint et m’aida, de diverses manières, à rendre l’année 1923 agréable.
J’avais passé les six dernières années à travailler dur, selon l'expression familière, et j’avais mérité cette septième année sabbatique.
À Noël, le groupe m’offrit le premier sapin de Noël de toute ma vie. La veille de Noël, une Sœur m’avait invitée au cinéma, et m’avait emmenée dîner. Comme Stanley prenait ses repas au Club, cela me permettait d’accepter toutes ces invitations.
Nous rentrâmes vers neuf heures. Stanley m’attendait dans le couloir, comme à son habitude. En approchant du salon, quelqu’un alluma les lumières, illuminant la pièce et le sapin. Là, je découvrais les quinze mécontents du septième, comme les forces opposées les appelaient parce qu’ils m’avaient soutenue.
Le sapin était chargé de cadeaux, utiles et décoratifs, ainsi que d’une somme d’argent. Des rafraîchissements, de la glace et du gâteau, avaient été également apportés. Bien sûr, mon cœur se remplit d’émotion, et je pleurai d'une joie immense.
Stanley, bien entendu, avait été complice du groupe et les avait aidés à organiser à la perfection cette surprise.
D’octobre 1922 à février 1924, la Loge fût gérée comme le groupe en charge le souhaitait. La principale instigatrice avait épousé un homme dépositaire d'un héritage de 100 000 dollars. Elle reconnut qu’elle l’avait épousé pour son argent, afin d’avoir les moyens d’établir sa propre situation .
Ainsi, elle et cet avocat avaient travaillé secrètement pour renverser le Chef de l’Organisation et établir leur propre œuvre dans la Loge, absorbant tous les équipements et modifiant même les statuts de la Bibliothèque Athena.
J’avais été tenue informée de tout ce qui se passait, et lorsque le soir de la vente de l’équipement de la Loge arriva, j’avais indiqué à l’un de mes fidèles soutiens la conduite à tenir.
Elle leur déclara donc que l’équipement appartenait à la Loge Marie L. Clemens et ne pouvait être vendu. Elle demanda à tous ceux qui n’étaient pas loyaux envers l’organisation qu’elle représentait de sortir, et aux amis loyaux de rester.
Bien entendu, il s'en suivit beaucoup de discutions et de disputes, qu’il n’est pas nécessaire de relater ici.
Vingt personnes restèrent qui changèrent immédiatement les serrures et vinrent me voir me demandant de reprendre ma fonction à la Loge.
Le Chef de l’Organisation que je représentais traversait la même épreuve. Il m’avait envoyé une carte postale en juillet 1923, qui disait : Tiens bon, reste sereine, ne dis rien à personne, n’organise aucune réunion chez toi, attends patiemment, ne réponds à aucune lettre, la crise approche à grands pas et c’est aussi mon épreuve. Je suis avec toi si tu restes silencieuse. Au revoir. Réponds à l’Ouest après le 15 juillet, signé Kelpius. Il avait été Kelpius dans l’une de ses incarnations.
J’insère ici un article récemment paru dans le magazine Time, le 7 mai 1951. Sa forme de prière est celle que j’ai toujours pratiquée. Comme je l'ai déjà expliqué, quelque chose en moi refusait d’accepter ou de répéter les prières stéréotypées utilisées dans les différentes églises, que les gens répètent sans aucun sentiment de révérence. Je sais que certaines femmes, tout en disant ces prières, sont plus absorbées par le chapeau ou la robe d’une femme assise devant elles que par les mots qu’elles prononcent.
Une méthode de prière courte, facile et complète. Traduite de l’allemand et publiée pour promouvoir davantage la connaissance et les bienfaits de la prière intérieure, par un amoureux de la dévotion intérieure.
Lorsque l’antiquaire B. Gordon Alderfer avait vu ces mots sur les pages de titre de deux petits livres abîmés dans les archives de la Pennsylvania Historical Society, son cœur de savant avait bondi.
Voici l’œuvre majeure, longtemps négligée, de l’un des premiers mystiques en Amérique, Johannes Kelpius. intitulée A Method of Prayer (Harper : 1,50 $), le petit classique de dévotion de Kelpius a été rendu disponible aux chercheurs d’une époque qui l’avait à peine entendu nommer.
Né en Allemagne, Johannes Kelpius n’avait que vingt et un ans lorsqu’il a débarqué aux États-Unis en tant que chef d’un groupe d’environ quarante hommes, venus en 1694 pour attendre le millénium qu’ils pensaient imminent. Cultivé, sensible, le Magister, Kelpius avait établi sa petite communauté dans le désert qui fait maintenant partie du Fairmount Park de Philadelphie.
Pendant plus de quatorze ans, ils vécurent tous ensemble dans des huttes et des grottes, priant, composant des hymnes et puisant leur inspiration dans l’effort obstiné de Kelpius à percer le mystère de la réalité. L’histoire et la légende n’ont pas été tendres. Le quaker John Greenleaf Whittier a écrit sur le douloureux Kelpius…
Le plus fou des hommes bons… étrange comme un sorcier, au-dessus des arts interdits.
Mais avant le jour de sa mort dans son jardin, à seulement trente-cinq ans, Kelpius avait réussi à transmettre à ses disciples une part de sa vision d’une vie soutenue à chaque instant par une communion avec Dieu.
La prière intérieure est la nourriture de l’âme, écrivait-il. Car on peut prier sans former ni prononcer de mots, sans considération ni spéculation de l’esprit…, voire sans connaître la moindre chose relative aux sens extérieurs. Et cette prière est la prière du cœur, la prière ineffable, dont la plus parfaite est le fruit de l’amour, et la moins parfaite une sensibilité à nos besoins… Cet amour attire la présence de Dieu en nous… C’est comme une personne vivant dans l’air et le respirant sans penser qu’elle vit et respire grâce à lui, car elle n’y réfléchit pas… En un mot, la prière du cœur peut être pratiquée à tout moment, même si le cœur ne peut ni penser, ni parler, à tout moment… Ô prions ! Prions ! La prière est notre seul salut.
Je réintégrai ma fonction. Le frère de mon amie, qui m’avait conduite dans le Maine en 1922, m’avait dit: Si j’étais vous, je n’y retournerais pas. L’argent et l’intellect sont partis. Je lui avais répondu :
Oui, mais il y a de l’amour là-bas, et c’est tout ce dont j’ai besoin.
Ils avaient changé les serrures de la Bibliothèque, s’attendant à emporter avec eux tout le contenu, mais, un soir, l’un de mes membres s'y était introduit par un vasistas, et les avait changées à son tour. Le lendemain, un autre de mes membres en avait pris la charge.
Ils essayèrent par tous les moyens de la récupérer, mais j’avais engagé mon avocat pour protéger nos droits et ils ne purent rien faire.
Ils louèrent des salles ailleurs et continuèrent pendant quelques années puis, l’avocat qui avait conçu le plan mourut, et la femme qu’il avait utilisée pour exécuter son projet tomba malade du diabète et décéda également. Leur projet cessa alors d’exister.
L’homme riche qu’elle avait épousé était un cas de pathologie mentale et avait été interné durant une grande partie de leur vie conjugale, et quelqu’un qui connaissait l'épouse m'avait affirmé qu’elle avait durement obtenu l’argent qu’il lui avait apporté.
Les vingt membres avec lesquels je commençai à reconstruire la Loge durent s’engager à verser une certaine somme correspondant au loyer de chaque mois, et certains des anciens, qui ne m’avaient en réalité jamais quittée, nous rejoignirent. Ainsi, en quelques mois, la Loge devint plus forte qu’elle ne l’avait jamais été.
Durant l’année où j’avais été absente, j’avais beaucoup lu et écrit de nombreuses conférences, que je donnais le dimanche soir.
Nous faisions de la publicité pour ces réunions du dimanche soir dans tous les journaux, et en un an, nous eûmes plus d’une centaine de chercheurs sincères.
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Anglais : The Secret Reincarnation of Kelpius
Allemand : Die geheime Reinkarnation von Kelpius
Espagnol : La reencarnación secreta de Kelpius
Italien : La reincarnazione segreta di Kelpius
Portugais : A reencarnação secreta de Kelpius
Grec : Η μυστική μετενσάρκωση του Κέλπιους
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