N'ayant pas d'enfants, je passais de nombreuses heures avec les enfants de la crèche du South End.
Je les aimais beaucoup, et nos sentiments étaient réciproques.
Je n’oublierai jamais ces deux petites filles amies qui m’avaient en grande affection.
Un jour, la directrice me confia que l’on pouvait leur faire accepter presque n’importe quoi, à condition qu’elles aient simplement la possibilité de me voir lorsque je me rendais à la crèche.
Ces fillettes grandirent et obtinrent leur diplôme au lycée de South End. L’une devint vendeuse dans un grand magasin et fréquentait un club de jeunes filles dont elle devint rapidement présidente. Elle m’écrivit que rien ne lui ferait plus plaisir que de m’avoir à ses côtés le soir de sa prise de présidence. C'est avec joie j’acceptai.
L'autre jeune-fille avait grandi très différemment. Elle avait tout d'abord eu un emploi de placeuse au Castle Square Theatre, sur Tremont Street, à South End, ce qui la mena à New York, grâce à ses relations avec des acteurs qu'elle avait rencontrés.
Elle est revint à Boston à peu près au moment où son ancienne amie m’avait écrit, mais avec une toute autre histoire. Elle était enceinte. Elle me contacta, me confiant que j'étais la seule personne à qui elle pouvait envisager de demander de l'aide.
Je l'invitai à venir me voir quel que soit son problème. Je l'emmenai à la Talitha Cumi Home, qui, pour une telle situation était tout indiquée.
Les deux amies savaient que je ferais tout mon possible pour leur être agréable, mais combien leurs destinées avaient pris des chemins différents!
En novembre 1914, j'organisai le spectacle de Mère l'Oie à Fitchburg, sous les auspices du Women's Club, au profit d'un club pour jeunes-filles qu'il soutenait alors.
Le spectacle fut présenté sur la scène d'un grand auditorium. Cent vingt-cinq enfants y participèrent, et ce fut un grand succès.
Je reçus de nombreux éloges pour avoir produit un divertissement aussi original.
La scène avait été magnifiquement aménagée grâce à des décors splendides.
Sur un côté de la scène un grand livre de Mère l'Oie avait été déposé au centre de quelques sapins. Chaque personnage en surgissait, jouait son rôle, puis était conduit par le bouffon de la cour de l'autre côté de la scène, où siégeaient le roi et la reine.
Tous les rôles étaient tenus par des écoliers.
Peu après, je reproduisis ce même spectacle pour le Women's Club de Worcester, dans le Massachusetts, où il connut également un vif succès.
Par le passé, lorsque je me rendais chez ma mère pour les deux mois d'été, nous passions beaucoup de temps à confectionner des poupées pour l'arbre de Noël. Nous y mettions le même soin que si elles avaient été destinées à des enfants de familles aisées.
Bien que j'aie ressenti le besoin de me détacher de mes engagements avec la crèche, cette décision ne fut pas prise sans regret. Les liens avec les enfants me manquèrent beaucoup. Ils avaient fait si longtemps partie intégrante de ma vie.
Je me trouvais dans cet état d'esprit lorsqu'une dame de Détroit me rendit visite dans le but de promouvoir trois pièces de théâtre idéales: Chitra de Rabindranath Tagore, L'Ours, une comédie en un acte d'Anton Tchekhov, traduite du russe, et Lonesome-Like de Harold Brighouse, une pièce se déroulant dans un village du Lancashire, en Angleterre.
Chaque pièce était empreinte de morale. Après beaucoup d'insistance de la part de mes amis, je décidai de prendre en charge la réalisation de ce projet.
Je n'avais jamais travaillé avec des gens de théâtre, et j'avais visiblement une leçon à apprendre.
La dame de Détroit affirmait qu'un homme riche avait promis de financer le projet. Elle avait de ce fait commandé des décors à un artiste, or, lorsque ce dernier présenta sa facture, elle ne put l'honorer.
Par manque de discernement, je n’avais pas pris soin d’établir un contrat me déchargeant de toute responsabilité financière envers le projet.
J’avais procédé à la réservation des trois pièces à Providence, Northampton et Springfield. Dans ces villes, certains de mes amis étaient chargés d'organiser ces pièces selon un système de pourcentage au profit de leurs clubs.
Le Toy Theater n’acceptait pas le nom de la dame comme garantie, mais acceptait le mien.
C’est à ce moment que j’aurais dû abandonner l’entreprise.
Étant donné que j’avais toujours réussi dans tout ce que j’avais entrepris de promouvoir, mes amis me persuadèrent de poursuivre.
Ainsi, en dépit de mon intuition et de mon meilleur jugement, je continuai.
Je sentais également qu’il était de mon devoir envers mes amis à Providence, Northampton et Springfield, qui avaient promu les pièces, de continuer, en faisant confiance à la Divine Providence pour m’aider à m’en sortir.
Ainsi, nous donnâmes la représentation au Toy Theater.
Ce fut un succès artistique, mais pas financier. Après ses représentations dans ces autres villes, mes réserves bancaires avait été épuisées, et comme j’étais la réalisatrice, les fournisseurs de costumes saisirent mon petit compte bancaire.
J'allai rendre visite à M. Smith du Shubert Theater et lui racontai mon histoire. Il me dit: Vous avez besoin d’un avocat, et il m'envoya chez le juge Peabody, qui proposa de me mettre en faillite.
J'objectai qu'à présent mon crédit était tout ce que je possédais et que je ne devais pas le perdre.
M.Wright du Plymouth Theater proposa de produire les pièces deux après-midi par semaine. Je conseillai aux acteurs de partager les recettes avec le théâtre, mais ils refusèrent. De ce fait, l’entreprise pris fin.
J'acquis beaucoup plus de sagesse après cette expérience, mais il ne faut pas imaginer que cela fut facile.
J’avais dit au juge Peabody que, s’il parvenait à s’entendre avec les fournisseurs des costumes afin qu’ils acceptent un paiement de cinquante dollars par mois, je m’y conformerais. Je ne savais pas alors comment je pourrai y parvenir.
Ce fut un de ces moments où ce courage indomptable qui était le mien avait dû se manifester.
J’avais conclu qu’il existait une raison précise à mon échec dans cette entreprise: mon orgueil était en cause, et l’humiliation m’avait été nécessaire.
Ayant occupé des places d’honneur dans des vies passées, Je devais vaincre mon orgueil.
Qui plus est, j'avais, dans cette vie reçu tant d’éloges et d’adulation qui m’avaient été agréables. Il était temps qu’un événement me fasse prendre conscience que tout est vanité.
Having held places of honor in past lives, I had to overcome my pride.
Da ich in früheren Leben Ehrenplätze eingenommen hatte, musste ich meinen Stolz überwinden.
Habiendo ocupado lugares de honor en vidas pasadas, debía vencer mi orgullo.
Avendo occupato posti d'onore in vite passate, dovevo vincere il mio orgoglio.
Tendo ocupado lugares de honra em vidas passadas, eu precisava vencer o meu orgulho.
Έχοντας καταλάβει τιμητικές θέσεις σε προηγούμενες ζωές, έπρεπε να νικήσω την υπερηφάνειά μου.
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