Voici la suite de la traduction de l'étrange histoire d'une révélation mystique de Lewis.
Au moment où le temps, le lieu et les circonstances commencèrent à se préciser dans la conscience de Rollins, il se retrouva en train de fixer l’ancienne peinture, ce mystérieux paysage portant le nom incomplet de Raymond.
Elle semblait plus ancienne maintenant, et elle dégageait une atmosphère comme chargée d’un incident de vie. Sa mémoire rappelait-elle la scène ? Il n’en était pas sûr. Et tandis qu’il étudiait les détails du tableau, chacun devenant plus vibrant de vie jusqu’à ce qu’il ait l’impression de regarder par une fenêtre donnant sur une vallée étrangère aux collines teintées de pourpre, ses yeux se posèrent sur le coin où le grand R de Raymond était nettement visible, même à la distance où il se trouvait et dans la douce lumière de sa lampe.
Alors il fut saisi d’étonnement. Il avait déjà vu ce R, avec sa forme particulière et audacieuse. Vraiment ; et il avait vu des tableaux similaires. La vieille pièce ! Les peintures achevées et inachevées sur les murs et posées çà et là. Certaines étaient signées — et le nom qui y figurait était RAYMOND.
Il n’y avait pas d’autre nom après, mais il y avait eu une marque. Raymond et un symbole. Le symbole était maintenant à peine visible sur la peinture accrochée au mur, mais sa pâleur avait conduit lui et d’autres à croire qu’il s’agissait du début d’un autre nom, et ils avaient cherché en vain ce second nom.
Bondissant de son fauteuil comme s’il venait soudain de recevoir la clé d’un grand secret, il décrocha la peinture du mur et, à l’aide d’une loupe — celle qui avait déjà servi tant de fois —, il examina de nouveau la signature.
Il y avait juste un petit espace après le « d » de Raymond, puis une marque, ou peut-être deux marques, qui suggéraient la lettre V, le début de la lettre W, ou peut-être la partie supérieure de la lettre Y, ou encore la dernière partie de la lettre N ou le centre de la lettre M.
Ayant toujours cru que ces marques indistinctes étaient le commencement d’un second nom, il avait reconstitué certaines autres faibles traces de pinceau comme faisant partie du nom effacé.
Mais maintenant il voyait que c’était l’œuvre de l’imagination, car ces traits de pinceau pouvaient tout aussi bien faire partie des buissons au premier plan que l’imagination les faisait appartenir au nom.
Non, il n’y avait rien de vraiment définitif, hormis le prénom et les deux marques supplémentaires qui suggéraient désormais un symbole.Fermant les yeux, il tenta de se remémorer les peintures qu’il avait vues sur les murs de la pièce derrière le vieil homme qui venait de passer dans l’au-delà lors de sa dernière scène étrange.
Il voyait distinctement le nom de Raymond sur plusieurs d’entre elles, et tout aussi distinctement une marque quelconque suivant le nom, mais il ne parvenait pas à se rappeler la nature de cette marque, ni à la visualiser clairement.
Pourquoi n’avait-il pas prêté plus d’attention à ces tableaux ? Et comment ces tableaux étaient-ils arrivés là ? Était-ce l’atelier d’un artiste qu’il avait vu ? Et le vieil homme était-il un artiste ? Était-il, cet homme, Raymond ? L’était-il ? Alors…
On peut facilement imaginer la tension nerveuse, la respiration retenue, les battements de cœur rapides, la joie qui submergea ses émotions lorsqu’il réalisa que lui, Rollins, dans une incarnation de son Âme, avait été Raymond l’artiste, dont l’une des grandes peintures était maintenant accrochée au mur, et dont l’identité, lui et d’autres, avaient cherché en vain.
C’était pourquoi Rollins avait un goût si étrange pour les paysages de la nature, alors que la vie en plein air ne l’attirait autrement pas. C’était pourquoi il aimait les peintures de paysages. Il transportait, d’une vie antérieure, des goûts et des désirs, des idéaux et des standards issus d’expériences passées. Voici un sujet pour une étude profonde. Peut-il exister une hérédité de l’esprit aussi bien que du sang ?
L’homme d’aujourd’hui est-il physiquement le résultat du sang de ses ancêtres, et mentalement celui de sa propre évolution ? Le corps n’est-il, après tout, qu’un manteau matériel fait du mélange de substances de nombreux corps, tandis que l’esprit, l’Âme, est d’une lignée continue d’essence divine ?
Ayant raccroché le tableau au mur presque inconsciemment, perdu dans l’émerveillement du problème abstrait qui occupait maintenant sa raison, il se dirigea vers les bibliothèques isolées et, après avoir déverrouillé une section, en sortit un livre intitulé « L’Hérédité et ses Lois ».
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Tableau d'Hilma af Klint vers 1906
Anglais
Is the body, after all, merely a material cloak made from a mixture of substances from many bodies, while the spirit, the Soul, is of a continuous lineage of divine essence?
Allemand
Ist der Körper letztlich nur ein materieller Mantel, der aus einer Mischung von Substanzen vieler Körper besteht, während der Geist, die Seele, aus einer fortlaufenden Linie göttlicher Essenz stammt?
Espagnol
¿No es el cuerpo, al fin y al cabo, solo un manto material hecho de una mezcla de sustancias de muchos cuerpos, mientras que el espíritu, el Alma, pertenece a un linaje continuo de esencia divina?
Italien
Il corpo non è, dopotutto, solo un mantello materiale fatto di un miscuglio di sostanze di molti corpi, mentre lo spirito, l’Anima, appartiene a una linea continua di essenza divina?
Portugais
O corpo não é, afinal, apenas um manto material feito da mistura de substâncias de muitos corpos, enquanto o espírito, a Alma, pertence a uma linhagem contínua de essência divina?
Grec
Δεν είναι τελικά το σώμα απλώς ένας υλικός μανδύας, φτιαγμένος από ένα μείγμα ουσιών πολλών σωμάτων, ενώ το πνεύμα, η Ψυχή, ανήκει σε μια συνεχή γραμμή θεϊκής ουσίας;
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