La Société Astrologique d'Athéna (A.A.S.), étant une branche de l'Ordre parrainés tous deux par les mêmes Maîtres, nous avons été instruits par ces derniers d'écrire au siège pour demander de l'aide, que ce soit en matériel usagé ou par le biais de leur publication. Nous l'avons fait, mais elle nous a été catégoriquement refusée. Aucun argument ne put convaincre ceux du siège qu'il ne s'agissait pas d'un mouvement de ma propre initiative.
Lorsqu'on atteint ce stade de l'évolution où les Maîtres confient une position dans un travail à accomplir pour eux, ils attendent l'obéissance, et c’est ce que j’ai tâché de faire de mon mieux. Si j'ai échoué, ce ne fut ni volontaire ni par désir de glorification personnelle. Les Maîtres ont choisi chaque personne de ma Loge qui devait aider à former le groupe de l'A.A.S.
Cependant, le temps guérit toutes les blessures, et ceux qui étaient près de moi alors le sont encore aujourd'hui.
J'étais tellement occupée à organiser la Société Astrologique d'Athéna que la Loge ne me manquait pas.
Peu de temps après, Stanley est décédé, et dès lors, je n'ai cessé d'être occupée.
J’ai consacré ma vie à servir dans de multiples rôles. Certaines de ces voies n’étaient peut-être pas celles que les Maîtres auraient souhaitées pour moi, leur instrument, mais ma conscience ne me laissait aucun répit si je négligeais les devoirs que je ressentais comme étant à accomplir.
Le service et la bienveillance ont toujours guidé mes actions. Il est vrai qu’on ne peut éprouver de l’affection pour chaque personne croisée au fil de la vie, mais la gentillesse est toujours possible. Je n’ai jamais nourri de préjugés raciaux. À une époque, notre Loge comptait dix-huit origines différentes, et je suis convaincue que nul ne pourrait affirmer que je n’ai pas traité chacun comme un frère ou une sœur de ma propre lignée.
Une fois la mission de l’A.A.S. menée à son terme selon le but initialement fixé, je consacrai mon temps à une importante correspondance avec deux des membres fondateurs et trois autres qui avaient été invités à se joindre à nous. Ensemble, nous poursuivîmes nos efforts à une plus petite échelle.
J’avais de nombreux manuscrits à trier, distinguant les lois des instructions, dans l’intention de les faire publier sous le titre Fragments de Vérité, si nous parvenions à réunir les fonds nécessaires. Cette tâche, ajoutée à l’entretien de ma maison, où des locataires occuperaient l’étage afin de contribuer aux frais de subsistance, me tint pleinement occupée durant les années 1941 et 1942.
Fin octobre 1942, une femme se présenta à la porte de notre domicile et demanda à visiter la maison, affirmant que la Home Savings Bank l’avait envoyée. Je fus à la fois surprise et choquée, n’ayant pas été informée que la maison était en vente.
Elle ne voulut pas entrer, mais revint le lendemain affirmant s'être rendue à la banque, où on lui avait confirmé que la maison était bel et bien à vendre.
Je lui montrai donc la maison, et à l'issue de la visite, je lui dis: si elle est à vendre, alors c'est moi qui l'achèterais. Une force qui ne m'était pas étrangère avait prononcé ces mots à travers moi.
Cet après-midi là, Stanley et moi nous rendîmes à la banque dans l’intention de rencontrer le président. Nous fûmes introduits dans son bureau et, après que je lui eus exposé notre situation, il me déclara:
Madame Clemens, je ne veux pas que vous perdiez cette maison. Nous avons ici une employée qui est à notre service depuis vingt-cinq ans, je vais la faire appeler afin qu’elle se rende chez vous et recueille l’ensemble des faits.
L'employée nous rendit visite peu après cet entretien. Je lui fis visiter la maison. Elle souhaitait tout savoir sur ma société et sur nos proches. Bien sûr, comme je l’ai déjà mentionné, la guerre avait interrompu les revenus que nous percevions d’Angleterre. Tandis que nous descendions au deuxième palier, elle déclara, s'adressant à Stanley: M. Clemens, nous allons sauver cette maison.
Il répondit: Je ne sais pas ce que nous ferions si nous étions contraints de la quitter. L’employée regagna la banque, rapporta au président ce qu’elle avait appris, puis prit contact avec notre avocat et lui demanda: Pourquoi la société de Mme Clemens n’achèterait elle pas cette maison?
C’était une idée brillante. Il me fit part aussitôt de la proposition, et je m’empressai d’écrire à quelques vieux amis dans le but de réunir les 1 000 dollars nécessaires à la récupération de la maison.
La loi bancaire stipule que, si l’hypothèque est remboursée, il n’est pas possible de la racheter soi-même, mais qu’un tiers peut le faire. J’ai donc écrit à plusieurs bons amis, qui m’étaient en quelque sorte redevables, au sujet de cette difficulté en ces termes: si la Société Astrologique d’Athéna achetait la maison, il nous faudrait verser un acompte de 1000 dollars.
Je reçus de nombreuses réponses à mon appel, et encore une fois, grâce aux dons de mes amis les mille dollars furent trouvés.
Nous suivîmes la procédure légale à la banque, et, le 24 octobre 1942, l'acte de propriété nous fut remis.
Le 2 novembre, Stanley passa dans la Transition, huit jours seulement après que nous ayons reçu l’acte.
C’était un mardi.
Le vendredi matin, je l’appelai comme à l’accoutumée avec mon sifflet. Il me confia n’avoir pas dormi de la nuit, son bras gauche lui causant une douleur intense.
Je lui suggérai:
Tu as peut-être pris froid, ne prends pas ton bain ce matin.
Il sortit néanmoins chaque jour qui suivit, mais je pouvais observer un changement dans l’expression de son visage. A aucun moment il ne se plaignit, mais je pense qu’il ressentait une douleur constante autour du cœur.
Le lundi soir, je proposai que nous écoutions quelques-unes de ses pièces musicales préférées, mais je m'aperçus qu’il était fatigué. Il n’avait pas mangé comme à son habitude ce jour-là, aussi, à vingt heures trente, je proposai que nous allions nous coucher.
Le lendemain matin, je l’appelai avec mon sifflet pour le réveiller. Il se leva pour se rendre à la salle de bains du troisième, que nous utilisions en raison d’une fuite dans la nôtre, au deuxième, et allai à la cuisine préparer le petit-déjeuner.
Comme il ne descendait pas comme à son habitude, au bout de dix minutes, je montai le rejoindre. Tout en montant les étages, je sentis qu’il s’était passé quelque chose d’anormal. Arrivée au troisième, je le trouvai affaissé dans la baignoire.
J’appelai mon avocat et Sœur Burke, puis mes deux voisins et en moins de cinq minutes, la police fut sur place. Mon avocat les avait contactés. Comme il s’agissait d’un accident, ils furent les premiers arrivés.
Ils le sortirent de la baignoire et le placèrent sur une civière. Il dut subir un examen pour déterminer la cause de sa mort, ils l’emmenèrent à cet effet dans un lieu approprié.
Les autorités peuvent se montrer si cruelles en de tels instants. Elles posèrent toutes sortes de questions: avait-il une assurance-vie, nous étions-nous disputés la veille, et ainsi de suite. Mon cœur saignait à chaque interrogation. Néanmoins, la Grande Puissance qui m’avait soutenue dans tous les moments cruciaux de mon existence était là pour moi en cet instant.
J'avais tant à gérer pendant toute cette expérience que je ne parvenais pas pleurer. Il était parti se reposer, et je ne le rappellerais pas. Il ne m'a jamais quittée. Il a été à portée de voix dès l'instant où son âme avait quitté sa prison. La mort, n'est que sortir dans le jardin ou entrer dans une autre maison. Il n'y a pas d'autre endroit où aller.
Le Ciel et l'Enfer sont ici même, ce sont des états de conscience. Nous créons notre propre Ciel et notre propre Enfer. Le papillon dans mon jardin était une chenille rampant sur le sol avant de devenir papillon, mais tous deux étaient dans le même jardin.
Stanley voulait être incinéré et que ses cendres fussent dispersées là où il avait coutume de s'allonger dans son hamac, au bord de la vallée, à Canton. Il reposait dans sa chère salle de musique, où il s'asseyait toujours. Il s'installait rarement ailleurs dans la maison. J'ai utilisé la même musique qu'il avait choisie pour les funérailles de notre amie, Mme Eager. Seuls quelques amis proches étaient présents, car j'avais annoncé des funérailles privées. Deux voitures seulement nous accompagnèrent au cimetière de Forest Hills. Il fut incinéré, et le dimanche suivant, mon avocat, Frère Fitch, et moi dispersâmes ses cendres, comme il l'avait souhait, à Canton.
Mon mari aurait dû accomplir bien davantage avec sa voix qu’il ne l’a fait. Il était trop modeste. Stephen Townsend, l’un des meilleurs professeurs de notre époque, me dit un jour:
Si seulement j’avais la voix de Stanley Clemens, que ne pourrai-je accomplir avec elle! J’aimerais l’entendre chanter L’accord perdu en cet instant même, son interprétation de tels chants vous transportait au septième ciel.
Une vieille demoiselle lui demanda un jour de lui promettre qu’il chanterait L’accord perdu à ses funérailles s’il lui survivait, Il lui promit et tint parole. Il était le seul à ne pas apprécier son merveilleux don. Son âme immense s’exprimait simplement à travers ses cordes vocales.
Il refusa toujours que je le mette en avant devant le public, comme je l’avais fait pour de nombreux autres artistes. Mario Laurenti, que j’avais fait connaître et qui s’était produit avec l’Orchestre symphonique de Boston, puis plus tard au Met, tenta de faire comprendre à Stanley le don merveilleux qu’il possédait, mais en vain.
Dans mes jeunes années, lorsque l’on me demandait pourquoi je ne me mariais pas, je répondais que le jour où je rencontrerais un homme tenant parole, je pourrais me marier, et Stanley m’en avait donné la preuve.
Un jour, alors que nous étions à St. Albans, le Owl Club tenta de le convaincre de rester pour chanter à leur concert du lundi soir. Lorsque j’essayai à mon tour de le persuader, il répondit:
Lou, même si tu me promettais de m’épouser demain, je ne pourrais rester, j’ai donné ma parole d’être au bureau à neuf heures demain matin, et c’est là que je serai.
C’est à cet instant précis que je commençai à réaliser que c’était l’époux qu’il me fallait.
Au cours des quarante-huit années que nous avons passées ensemble, il n'a jamais employé un si ou un pourquoi à mon égard, comme le font tant d'autres.
Il n'a jamais dit: "si tu avais fait ceci ou cela", ou: "Pourquoi n'as-tu pas fait ceci ou cela?"
Notre vie était comme un rituel. Il m'idolâtrait.
Un jour, alors qu’une journaliste était venue me trouver afin d’obtenir des informations pour sa chronique, elle déclara par hasard:
J'aime Mme Clemens dans telle ou telle robe, n'est-ce pas, M. Clemens?
Sa réponse fut:
Elle est toujours la même pour moi.
Ce qui signifiait, bien sûr, que les vêtements n'avaient aucune importance pour la vraie moi, qu'il aimait.
Il valait mieux qu’il partît le premier, car, dans le cas contraire, il eût été perdu sans moi dans ce monde froid, car il avait besoin du type d’amour et d’attention que je lui donnais. C’était un homme de peu de mots. En repensant aux années que nous eûmes le privilège de passer ensemble, j’ai le sentiment de n’avoir pas pleinement apprécié sa véritable valeur.
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Anglais :
Heaven and Hell are right here; they are states of consciousness.
Allemand :
Himmel und Hölle sind genau hier; es sind Bewusstseinszustände.
Espagnol :
El Cielo y el Infierno están aquí mismo; son estados de conciencia.
Italien :
Il Cielo e l’Inferno sono proprio qui; sono stati di coscienza.
Portugais :
O Céu e o Inferno estão aqui mesmo; são estados de consciência.
Grec :
Ο Ουρανός και η Κόλαση βρίσκονται εδώ· είναι καταστάσεις συνείδησης.
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