Le précédent message a frappé les esprits.
Il m'a amené la réflexion suivante: Les hommes ne peuvent s'empêcher de chercher la matérialité comme la pierre philosophale qui peut amener la fortune et le graal qui serait une coupe. Et l'on regarde de travers (au mieux) celui qui parle de la transmutation de l'âme ou propose une autre idée du graal. (Bridget)
Pour rebondir sur le dernier article: la Chiave des gabinetto del cavagliere G.F.Borri. Il semble n'avoir jamais été traduit complètement en français. (R de Dijon)
Et S. le Ch'ti a relevé un message oublié du Bistrot il y a 7 ans: la Clef de la Porte Magique en précisant: je lis un petit message de 35 pages qu'il contient sur sa vie.
Enfin, parmi les détails du message d'hier, il y a cette précision à noter sur les guérisons ésotériques rosicruciennes (que les apprentis sorciers détourneront toujours à leur façon): plus je guérissais les corps, plus je guérissais les âmes.
Et pour ceux qui ont la sensation que Borri ne dis pas tout, voici la version retraduite, légèrement plus complète que le texte publié hier.
Ami lecteur,
avant que tu n’entres dans mon Cabinet et que je te tende la Clef pour l’ouvrir, il est juste que je te fasse connaître qui je suis, moi qui te parle avec tant de franchise, et comment je suis parvenu à posséder ces grands secrets de la Nature que le monde tient pour fabuleux.
Je suis né à Milan le 4 mai 1627, un mardi, vers vingt-deux heures, sous le signe du Taureau, ascendant Lion, dans la maison située rue Saint-Protais-aux-Moines.
Mon père était le docteur Taddeo Borri, médecin principal du Collège de Milan, et ma mère Ottavia Margoni, de la noble maison des comtes de Trezzo.
Dès ma plus tendre enfance je montrai un esprit si vif et si différent de la commune mesure que mon propre père en restait émerveillé.
À sept ans je lisais couramment le latin et composais des vers ; à douze ans je savais le grec et l’hébreu, et je commençais le chaldéen et l’arabe ; à quatorze ans je lus pour la première fois Geber, Arnaud de Villeneuve, Raymond Lulle, Bernard le Trévisan, Eyrénée Philalèthe, et je m’enflammai d’un désir si ardent de pénétrer les secrets de la Philosophie Hermétique que je ne dormais presque plus, occupé jour et nuit à méditer sur leurs énigmes.
À quinze ans je fis ma première épreuve : je pris du sel marin très pur, je l’exposai quarante jours au soleil et à la rosée de mai, puis je le mis en digestion avec de l’eau de pluie printanière ; j’obtins ainsi un liqueur qui dissolvait l’or de façon merveilleuse.
Mon père, en voyant cela, me reprit doucement en disant que de telles choses étaient dangereuses pour l’âme et interdites par l’Église.
Je lui répondis que la Nature est le livre de Dieu et que celui qui sait lire n’y trouve rien que de saint.
À dix-huit ans, ayant lu chez Paracelse et chez Basile Valentin que le fer et le sel commun peuvent donner le Mercure des Sages, je fis l’expérience suivante : je pris de la limaille de fer martial très pure, je la calcinai au feu violent jusqu’à ce qu’elle devienne rouge comme le cinabre, puis je la mêlai à parts égales avec du sel marin calciné au soleil, je mis le tout dans un œuf philosophique, je scellai hermétiquement et plaçai le vase dans le fourneau des quatre degrés.
Au bout de quarante jours, le mélange devint noir, puis blanc, puis rouge.
J’ouvris : il y avait au fond un mercure liquide, très vif, qui pesait plus que l’or. Avec une seule partie de ce mercure et cent parties de plomb purifié, je fis, le 12 mars 1645, en présence du comte Francesco Archinto, du docteur Manfredo Settala fils, du cavalier Girolamo Visconti et de trois autres gentilshommes milanais, une projection qui changea six onces de plomb en or très fin, qui supporta toutes les épreuves de l’eau-forte, de la coupelle et de l’antimoine.
Tous signèrent un acte notarié que je conserve encore.
Cette expérience me rendit célèbre dans tout Milan. On venait de partout pour me voir ; les princes et les cardinaux m’envoyaient chercher. Mais je compris aussitôt que l’or n’est rien auprès de la connaissance de Dieu et du service du prochain. Je distribuai tout ce que j’avais, je soignais gratuitement les pauvres, et Dieu me donna la grâce de faire des guérisons qui passaient pour miraculeuses : paralytiques qui remarchaient, aveugles qui recouvraient la vue, pestiférés guéris en trois jours.
On m’appelait déjà « le Thaumaturge milanais ».C’est alors que commencèrent mes visions. Une nuit de 1649, je vis en esprit la Vierge Marie qui me dit : « François, tu seras persécuté à cause de la vérité, mais ne crains rien : je serai toujours avec toi. »
Peu après je prédis la grande peste de 1630 qui avait déjà eu lieu quand j’étais enfant, mais que j’annonçai comme devant revenir en 1655 (et elle revint effectivement). Je prédis aussi la mort du pape Innocent X, la guerre en Lombardie, et bien d’autres choses qui se réalisèrent à la lettre.Les jésuites prirent ombrage. Ils me dénoncèrent au Saint-Office comme sorcier, illusionniste et faux prophète.
En 1655 on m’assigna à comparaître. Je refusai, sachant ce qui était arrivé à Campanella et à tant d’autres. Je quittai Milan de nuit et gagnai la Suisse, puis l’Allemagne, puis Amsterdam où je fus reçu avec les plus grands honneurs par les Frères de la Rose-Croix et par les disciples du célèbre Comenius.
De là je passai à Hambourg, puis à Copenhague chez le roi Frédéric III qui me fit médecin de sa cour. En 1659 je fus appelé à Stockholm par la reine Christine (qui avait abdiqué et s’était convertie à Rome). Elle me prit en amitié extraordinaire : elle me logea dans son palais, me fit construire un laboratoire magnifique, me donna tout l’or et l’argent nécessaires.
C’est là, sous sa protection, que je perfectionnai la Médecine Universelle et que je fis la Pierre à la rouge en 1661, avec laquelle je transmutai plus de cent livres de mercure en or pur.
La reine en fit faire des médailles portant mon nom et le sien. Mais Rome ne me pardonna jamais. En 1660 le Saint-Office me condamna à mort par contumace et mit ma tête à prix. Christine essaya de me protéger, mais le pape Alexandre VII la menaça d’excommunication. Je dus fuir encore : Turquie, Hongrie, Pologne, Autriche. Partout j’étais traqué.
Finalement, en 1670, trahi par un faux ami, je fus arrêté près de Gran (Estergom en Hongrie, note du Bistrot) et livré aux soldats du pape.
On me ramena à Rome enchaîné comme le dernier des criminels.
Après un procès de deux ans, on me condamna à la prison perpétuelle. Depuis vingt-cinq ans je suis enfermé dans les cachots du château Saint-Ange, puis dans ceux de la forteresse de Civitavecchia, et maintenant ici, dans une cellule du Saint-Office où j’écris ces lignes.
Je n’ai pour toute lumière qu’une petite lucarne ; on me donne du pain et de l’eau ; je n’ai ni livres ni instruments.
Et pourtant, grâce à Dieu, j’ai pu continuer mes travaux. Avec presque rien (quelques herbes, un peu de charbon, un creuset volé), j’ai refait ici la Pierre et la Médecine Universelle, et les résultats ont été plus parfaits encore qu’autrefois dans les palais.
C’est pourquoi je te livre aujourd’hui cette Clef. Je ne le fais ni pour l’argent (je n’en ai plus), ni pour la gloire (on m’a déjà tout pris), mais uniquement pour que la Vérité ne meure pas avec moi.
Que celui qui lira ces pages se souvienne que la véritable Pierre philosophale n’est pas seulement celle qui transmute les métaux : c’est celle qui transmute l’âme humaine et la rend semblable au Créateur.
Écrit dans la prison du Saint-Office de Rome, l’an de grâce 1680.
Ton serviteur et ton frère dans l’Œuvre,
Giuseppe Francesco Borri, Milanais
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La photo de la petite lucarne des prisons romaines...
Anglais :
I was received with the greatest honors by the Brothers of the Rosy Cross and by the disciples of the famous Comenius.
Allemand :
Ich wurde mit den höchsten Ehren von den Brüdern des Rosenkreuzes und von den Schülern des berühmten Comenius empfangen.
Espagnol :
Fui recibido con los más altos honores por los Hermanos de la Rosa-Cruz y por los discípulos del famoso Comenius.
Italien :
Fui accolto con i più grandi onori dai Fratelli della Rosa-Croce e dai discepoli del celebre Comenius.
Portugais :
Fui recebido com as maiores honras pelos Irmãos da Rosa-Cruz e pelos discípulos do célebre Comenius.
Grec :
Έγινα δεκτός με τις μεγαλύτερες τιμές από τους Αδελφούς του Ρόδου-Σταυρού και από τους μαθητές του διάσημου Κομένιους.
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