Cet automne là, Stanley et moi commençâmes à chercher un autre appartement. L’immeuble où nous vivions avait changé de propriétaire, et tout le bâtiment s’était dégradé, infesté de punaises de lit. Quelqu’un les avait introduites, et elles s’étaient répandues dans toute la maison.
D’autres immeubles s'étaient construits tout autour de nous, et l’atmosphère paisible dont nous avions profité jusqu'alors avait disparu. Nous avions visité des amis qui vivaient sur Bay State Road, et la rivière Charles nous plaisait.
Nous fîmes donc une demande pour une suite vacante, et on nous la promit, mais il s'avéra qu'un autre agent immobilier chargé de l'immeuble l’avait déjà promise à quelqu’un d’autre.
J’avais des doutes quant à la véracité de cette information. Cependant, je continuais à chercher, et un samedi matin, alors que j’étais sur le point de me décider pour une suite sur le Riverway à Brookline, le téléphone sonna. Une voix inconnue demanda: Cherchez-vous un endroit où vivre? Je répondis par l'affirmative et il poursuivit: J’aimerais que vous veniez à Bay State Road voir les maisons que je propose à la location.
Je lui expliquai que je ne cherchais pas une maison, mais un appartement. Il insista tellement que je finis par accepter. La Mère de la Loge, qui avait une fille, désirait également déménager. Je l’appelai donc pour qu’elle se joigne à moi et nous nous rendîmes à Bay State Road afin de rencontrer cet agent.
Je ne sus jamais par quel moyen il avait appris que je cherchais un logement.
La Mère et moi arrivâmes pour visiter les lieux.
Quatre maisons étaient libres immédiatement.
Nous entrâmes dans chacune d’elles. Il se trouva que les vibrations de la maison numéro 198 étaient plus agréables que celles des autres maisons. Nous revisitâmes cette maison plusieurs fois, et la Mère proposa que nous la prenions ensemble.
Une autre Sœur souhaitait également déménager, et nous avions convenu de prendre une chambre commune pour diminuer les frais de loyer.
Quand Stanley rentra à la maison ce soir-là, je lui relatai les évènements de la journée. Le lendemain, nous allâmes ensemble visiter la maison.
On m’avait confié les clés des quatre maisons. Arrivés au deuxième palier de la maison 198, une voix me dit: Prends cette maison. je me retournai vers Stanley et lui dis: Je vais prendre la maison. Il répondit: Si tu penses pouvoir parvenir à gérer l'ensemble, je suis d'accord.
Le lendemain, je pris contact avec l’agent et les deux Sœurs, et la décision fut prise. Le propriétaire nous retrouva sur place. Je lui fis remarquer que la maison avait besoin de travaux, n'ayant pas été occupée depuis un certain temps. Le dernier occupant avait été un prêtre épiscopalien, ce qui expliquait en partie l’atmosphère agréable de la maison.
Le propriétaire, qui devint notre meilleur ami, me dit que le premier mois de loyer serait offert afin que j'ai la possibilité d'aménager la maison en toute tranquillité. Il ajouta que si nous payions les taxes et les intérêts sur la première hypothèque à la Home Savings Bank, et réduisions l’hypothèque à un montant que la banque accepterait de porter, il ne demanderait rien sur la deuxième hypothèque, qu’il détenait, jusqu’à ce que la première soit réduite. Mais cela signifiait que nous devions payer 400 $ à l’agent qui nous l’avait vendue.
Une Sœur de la Loge, devenue une amie proche et qui avait à l’époque beaucoup de biens matériels, nous encouragea à acheter la propriété et proposa de nous prêter l’argent.
Je remis mes diamants en garantie pour obtenir de l’argent afin d’aménager la maison. Nous avions des meubles pour notre chambre et le salon, mais aucun pour la salle à manger.
La Sœur qui nous accompagnait nous loua une pièce au premier étage pour en faire un salon et une autre au dernier étage comme chambre. Nous avions toutes les deux des cuisines équipées et de la vaisselle.
Les membres de la Loge, y compris les Sœurs, m’avaient offert une fête d’anniversaire surprise où j’avais reçu de l’argenterie et d’autres objets utiles. On m’avait également offert une montre en or d’une valeur de cent dollars. Les cadeaux de mariage, qui n’avaient jamais été déballés faute de place, étaient également là. Tout ce dont nous avions encore besoin se résumait à un peu de mobilier pour la salle à manger.
Je commençai donc à fréquenter les salles de ventes aux enchères, et j’y pris goût, achetant en priorité seulement le nécessaire.
J’appris à estimer la valeur des objets, ce qui fut un atout. Un jour, l’encanteur me dit: Vous êtes une acheteuse remarquable, Mme Clemens. J’achetai des objets que je pourrais aujourd’hui revendre dix fois le prix payé. Je lui répondis: Eh bien, je connais la valeur de ces objets, contrairement à ces gens. Par exemple, une horloge que j’avais achetée pour huit dollars m’a été proposée à trois cents dollars récemment.
Une amie du Maine m’avait donné de magnifiques tissus pour les rideaux et le rembourrage. Son père avait possédé autrefois l’American House sur Hanover Street, où l’on servait des steaks et des homards. Il était décédé, tout comme sa mère, et elle avait suffisamment de tissus pour faire des rideaux et rembourrer les chaises de toute la maison. Elle me fit don également de meubles et de tableaux.
Les deux sœurs qui aménageaient avec moi étaient douées pour la couture, et elles aidèrent à transformer cette maison en un foyer très attrayant.
Le 29 mars 1926, nous organisâmes une pendaison de crémaillère et reçûmes de nombreux compliments.
Le Masonic Club nous fournit les rafraîchissements, et le chef de service les servit. Le Club nous offrit également un magnifique miroir. Les membres de la Loge nous donnèrent un ensemble de chenets pour la cheminée de la salle de musique.
Stanley, que j’avais chargé d'une course au Club pour le retenir jusqu’après huit heures, arriva et trouva la maison pleine.
Ce fut une soirée mémorable.
Des amis s’étaient réunis pour nous souhaiter toutes sortes de bonheurs dans notre nouveau foyer. Les rafraîchissements étaient délicieux, et j’avais engagé un petit orchestre du Club pour la musique. Quelqu’un dit à un ami que c’était aussi chaleureux que si nous avions toujours vécu là. L’ami répondit: Oui, mais Mme Clemens rend tous ses lieux de vie chaleureux, où qu’elle soit.
Une femme célibataire qui s'était jointe à nous nous causait des problèmes, et nous dûmes lui demander de partir après deux mois.
Lorsque le 1er août arriva, la Sœur et sa fille furent appelées en Nouvelle-Écosse et durent partir pour soigner une parente malade.
Je me dis: Peu importe. J’ai été guidée vers cette maison, tout se passera bien.
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Anglais : I have been guided, everything will be fine.
Allemand : Ich wurde geführt, alles wird gut gehen.
Espagnol : He sido guiada, todo saldrá bien.
Italien : Sono stata guidata, andrà tutto bene.
Portugais : Fui guiada, tudo vai correr bem.
Grec : Έχω καθοδηγηθεί, όλα θα πάνε καλά.
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