Il m’est difficile de décrire mes sentiments à ce moment-là. Cependant, lors du service au Temple, le Chef de l’Organisation donna un discours aux initiés, dans lequel il déclara :
Ce soir, nous avons parmi nous une initiée qui a passé tous les tests concernant sa valeur, le dernier m’a été remis il y a quelques instants.
Naturellement, celle qui devait recevoir cet immense honneur, car j’étais nommée première femme Grand Maître, aurait pu penser qu’elle serait appelée en premier. Mais, dit-il, elle fut la dernière appelée, sans aucune trace d’orgueil dans son cœur, mais elle fut la première appelée au point du Triangle. (Le Triangle était formé par les initiés à un moment du service.)
Le responsable m’appela devant l’Autel et prononça un discours magnifique, disant que je deviendrais l’une des enseignantes spirituelles les plus éminentes des États-Unis d’Amérique.
Ce n’était pas le Chef de l’Organisation qui m’initia, c’était mon propre Maître qui parlait à travers lui.
L'on m’avait demandé de confectionner une robe blanche pour cette occasion. Ainsi, toute la cérémonie eut un effet durable sur toutes les personnes de l'assemblée. Des délégués de tous les États où étaient situées des Loges étaient présents.
Environ cinq cents personnes étaient réunies dans les quartiers magnifiquement aménagés du Temple Moose, et l’effet sur tous fut des plus exaltants.
Je rentrai chez moi avec la Charte et les leçons des trois premiers Degrés, et j’étais censée les étudier, les apprendre et être capable d’enseigner à un groupe de personnes prêtes à recevoir ces enseignements.
Je me souviens parfaitement m’être assise dans mon fauteuil Morris, passant toute ma vie en revue. Je voyais clairement que toutes mes luttes jusqu’alors avaient un but, et que toutes les expériences, bonnes, mauvaises ou indifférentes, m’avaient renforcée pour la grande œuvre qui m’attendait. Et je dis à voix haute:
Dieu m’a préparée pour le travail que je dois accomplir, je m’abandonne totalement, envoyez-moi les personnes qui cherchent ce que j’ai à offrir.
Je savais que tous ceux et celles avec qui j’avais été en contact jusqu’alors n’étaient pas prêts pour cet enseignement.
Je pouvais compter sur des centaines de personnes pour m’aider dans le cadre d'entreprises matérielles et mondaines où l’argent et le prestige social primaient, mais il me restait encore à rencontrer celles qui désiraient ce que j’avais réellement à offrir.
Sans argent pour démarrer ce travail, que devais-je faire, Je décidai alors en moi-même: Je possède des diamants, je vais les mettre en gage ou les vendre.
Peu avant ces événements, mon attention s’était tournée vers la numérologie, je commençai alors à contacter quelques personnes intéressées par la théosophie et le New Thought (La Nouvelle pensée).
Un homme appartenant à une société secrète me demanda si j’avais approché une certaine personne avec qui j’avais collaboré dans une œuvre caritative. Il s'agissait d'une femme, millionnaire, mariée trois fois. J’ignorais qu’elle s’intéressait à l’occultisme ou aux mystères de la vie. Je répondis par la négative et il m’encouragea à la contacter.
Je lui écrivis donc et lui adressai une brochure consacrée au travail. Elle répondit sans tarder, exprimant son intérêt, et me proposa une rencontre au Copley Plaza le lundi suivant. Ce que j'acceptai.
Je lui fis le récit de tout ce que j’avais vécu jusqu’alors et lui conseillai de se rendre, comme je l'avais fait, à la bibliothèque, pour vérifier par elle-même ce que j’avais découvert.
Je lui confiai que j'étais en quête de locaux adaptés en vue de la création d'une Loge, et que, bien entendu, je ne disposais d'aucun fonds pour initier ce projet.
Elle répondit : Cherchez les locaux, estimez les coûts, et je les financerai.
Nous étions en septembre 1917. Cette personne était Mme Ernest Howes. Elle et son mari passèrent dans l’au-delà ensemble, à la même date, en septembre 1951.
Naturellement, la nouvelle se répandit que j'étais désormais sur un autre chemin et la réputation que j’avais acquise à Boston m’aida à rassembler autour de moi un groupe de personnes en quête de guidance d'ordre spirituel.
Je constatais une fois encore que, si j’avais laissé le juge qui m’avait soutenue dans l’aventure théâtrale me déclarer en faillite, jamais je n’aurais pu entreprendre ce travail.
Certes, mon amie, avait promis de couvrir les factures mais ne disposant d'aucun argent je ne pouvais me porter garante du loyer, effectuer les premiers achats indispensables, ni honorer les frais d'aménagements requis dans le cadre d'une Loge. Je dus signer un bail de deux ans. Mon amie refusant de le signer.
J’avais vécu à l’Hôtel Westminster durant dix-sept ans. Cela en soi m’aida, car on ne peut pas vivre dans un hôtel sans régler son loyer sous peine d'être expulsé.
J’organisai une seule réunion publique, que j’avais annoncée au paravent.
J’avais convié le Chef de l’Organisation à donner une conférence.
L’audience dans son ensemble ne fut pas impressionnée par sa personnalité n’étant pas, dans son ensemble, suffisamment éveillée pour percevoir la grandeur d’âme cachée sous son apparence extérieure. Ainsi, parmi ceux qui avaient signé des demandes d’admission, je perdis treize personnes.
Cependant, cela ne me découragea pas, je décidai que si ces treize personnes ne pouvaient ressentir ce que je ressentais, elles n’étaient simplement pas prêtes.
De mon côté, le 27 décembre 1917, j’étais prête pour l’Initiation au Premier Degré, avec quarante-deux autres aspirants venus de tous horizons. Se trouvaient là des médecins, des avocats, des ecclésiastiques. En somme, un groupe de chercheurs de lumière s’étaient réunis pour recevoir un enseignement de ma part.
Je ne sais si l'on peut se mettre à ma place et imaginer ce que j'ai pu ressentir face à un tel groupe, moi, une petite fille de la campagne, avec pour seul bagage l’enseignement modeste reçu à la petite école communale. Je me sentais vraiment très humble. J’avais été placée là par une Puissance plus grande que je ne le soupçonnais alors. Avec un seul but, un seul impératif: continuer à donner le meilleur de moi-même.
Je commençai à donner à ce groupe des conférences qui coulaient à travers moi, tout en sachant qu’elles ne venaient pas de mon esprit objectif.
Je n’avais pas encore appris que l’Intelligence Supérieure peut parler à travers soi si notre instrument est accordé au Sien.
Je n’avais pas appris non plus que l’âme, lorsqu’elle est spirituellement développée, peut dynamiser le cerveau et transmettre son message.
Mon développement à partir de ce moment fut très rapide.
Je commençai à vivre de nombreuses expériences, que les matérialistes nommeraient surnaturelles, mais qui sont simplement le cours naturel des événements pour toute l’humanité à mesure qu’elle progresse de l’évolution matérielle à l’évolution spirituelle.
Il me faisait penser à une rose qui, sous vos yeux, déploie ses pétales les uns après les autres, jusqu’à ce qu’elle soit en pleine floraison. Comme un lotus s’épanouissant dans l’eau.
My development from that moment on was very rapid.
Meine Entwicklung ab diesem Moment verlief sehr schnell.
Mi desarrollo a partir de ese momento fue muy rápido.
Il mio sviluppo da quel momento in poi fu molto rapido.
O meu desenvolvimento a partir desse momento foi muito rápido.
Η εξέλιξή μου από εκείνη τη στιγμή και μετά ήταν πολύ γρήγορη.
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