1 avril 2022 5 01 /04 /avril /2022 13:42
A la Rencontre d'Alphonse Karr

Cet homme à la grande barbe, qui est oublié de nos jours, fut une forte personnalité du 19e siècle: Alphonse Karr (1809-1880).

 

Il avait hérité de son père, un pianiste allemand, un humour germanique critique, direct et sans retenue qui fit son succès comme écrivain et journaliste.

 

Dans son entourage, révélateur de ses centres d'intérêt, nous découvrons, entre quelques amis mystiques, Victor Hugo, Balzac ou Adrien Péladan (le père du Sâr)...

 

Il avait débuté sa carrière comme professeur mais l'enseignement l'avait vite lassé et tentant de publier ses poèmes au Figaro, il racontait l'accueil reçu: 

 

- C'est excellent, mais écrivez plutôt en prose...

 

Voici quelques unes de ses formules appréciées:

 

- Plus ça change, plus c'est la même chose. 

 

- Les hommes sont d'accord sur un point: mettre la lumière sous le boisseau, mais on attend en vain que ladite lumière brûle ledit boisseau.

 

- Le soleil se cache... Quelles sont les horreurs qu'il refuse d'éclairer?

 

- Si l'on veut abolir la peine de mort, en ce cas, que messieurs les assassins commencent.

  

- Quand je n'avais rien à moi, j'avais les forêts et les prairies, la mer et le ciel ; depuis que j'ai acheté cette maison et ce jardin, je n'ai plus que cette maison et ce jardin. (Au passage la maison en question était à Hyeres, et il l'avait baptisée "la Maison Close").

 

- Vous vous plaignez des épines des rosiers mais je me réjouis que les épines aient des roses.

 

- Certains auditoires ne se composent pas de gens qui écoutent, mais de gens qui attendent leur tour pour parler. 

 

- Sur la route des choses inconnues, les savants s'embourbent un peu plus loin que les autres.

 

- Être heureux, c'est la sagesse, rendre les autres heureux, c'est la vertu.

 

- Un baiser, c'est demander au deuxième étage, si le premier est libre...  

 

Alors qu'il lançait avec peine une revue, il fit répandre le bruit qu'il était mort pour déclencher un succès commercial et il ressurgit le lendemain en déclarant avec culot:

- Oui j'étais mort, mais je vais beaucoup mieux.

 

- ll y a longtemps, comme bien d'autres, j'ai voulu fonder, sinon une nouvelle religion, au moins une nouvelle secte, mais pour avoir des chances de succès, il m'aurait fallu donner à mon projet la forme mystérieuse d'une franc-maçonnerie, d'une société secrète...

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commentaires

W
Heureuses coïncidences, entre la croix des lapins de la cathédrale saint Jean (y'aurait des choses à dire) et votre évocation de l'excellent Karr, que j'avais évoqué ailleurs voici quelques mois. Vous trouverez peut-être quelque intérêt à ces extraits :<br /> <br /> J'achève enfin la lecture (maudits soient le format PDF et Gallica -- pages manquantes, numérisation indigne !) des six volumes qui rassemblent l'essentiel de la revue d'Alphonse Karr, *Les Guêpes*, dont il était apparemment et ordinairement l'unique rédacteur. Découvrir un ancien, et spirituel, et maniant parfaitement -- sans effort -- la langue française, c'est un bonheur. Les propos ne sont pas si datés qu'on le pourrait supposer : les costumes ont changé ; les hommes, non. *Mutatis mudantis*, tout est d'une navrante intemporalité. Les anecdotes sont variées, souvent instructives, dont l'auteur tire parfois des réflexions profondes -- ainsi d'une excellente défense du duel à l'épée qui ravirait Lugan et qui aurait ravi Volkoff ; d'une éloquente analyse de l'encre considérée comme un poison pour l'âme et pour la société ; d'un trait qui ne grandit pas l'immense Champollion invité chez Denon. Karr attaque beaucoup le latin avec des réflexions, parfois justes, qu'on croirait signées Messac par anticipation ; heureusement, il professe surtout, à chaque occasion, un sain mépris, toujours argumenté, envers les politiques et les journalistes. Ce seul trait le recommande à la curiosité.<br /> <br /> // Nature de l'électeur.<br /> A le voir si révolutionnaire, on prendrait de loin le Français pour un esclave révolté qui veut briser ses fers ; -- mais de près on voit bien que ce n'est qu'un domestique capricieux qui aime à changer de maître.<br /> <br /> // Oui, le mot est bien de lui. ;-)<br /> Si l'on veut abolir la peine de mort, en ce cas, que MM. les assassins commencent : qu'ils ne tuent pas, on ne les tuera pas.<br /> <br /> // Rien à voir avec le centrisme.<br /> II est une chose que les partis ne veulent pas admettre et qui seule cependant pourrait rendre et assurer le repos et la paix à ce malheureux pays de France, c'est que le gouvernement d'un pays, pour être juste, moral et logique, -- doit représenter la *moyenne des idées du pays*. -- Au lieu de cela, -- vous avez vu le parti ultra-républicain vouloir rester un parti même aux affaires, et s'apprêter à traiter la France en pays conquis ; -- vous voyez aujourd'hui le parti de la réaction faire exactement la même chose.<br /> Si cependant le gouvernement ne représente pas la moyenne des idées du pays (et il faut tenir compte des idées légitimistes comme des idées socialistes), -- c'est une tyrannie d'un parti, c'est-à-dire d'un petit nombre qui sera toujours renversé par les autres partis réunis, et remplacé par un de ces autres partis qui fera la même usurpation et sera renversé à son tour par une coalition semblable.<br /> Aucun parti, -- surtout avec le suffrage universel, -- ne sera jamais aussi fort que tous les autres ensemble. -- Tous les partis hors des affaires finiront toujours par se réunir contre celui qui sera aux affaires ; -- conséquemment, nous aurons toujours la guerre et le désordre. -- Il n'y aurait de *parti possible* que celui des gens de bonne foi et de bon sens, demandant à chaque parti ou plutôt demandant au pays, sans acception de parti, -- toutes ses capacités, toutes ses probités, toutes ses idées, toutes ses lumières, tous ses dévouements.<br /> Ce parti, le seul possible, -- il paraît qu'il est impossible.<br /> <br /> // No comment.<br /> Une servante de ferme se rend coupable de plusieurs larcins ; -- sa maîtresse se contente de lui donner congé, -- sans vouloir la livrer à la justice. -- La servante empoisonne ses maîtres, -- le jury la déclare coupable avec *circonstances atténuantes*.<br /> En effet, tout porte à croire que cette intéressante jeune personne n'a empoisonné ses maîtres que parce qu'ils l'avaient renvoyée ; donc ils sont la cause de ce qui leur est arrivé.<br /> <br /> // Déjà !<br /> On lit dans les journaux à diverses dates :<br /> LUNDI. -- Les étudiants sont allés faire une visite à M. Laffitte, auquel ils ont adressé un discours.<br /> MARDI. -- Les étudiants sont allés voir à Passy M. de Béranger, qu'ils n'ont pas trouvé chez lui, et auquel ils ont laissé une lettre.<br /> MERCREDI. -- Les étudiants sont allés sur le boulevard des Capucines, où ils ont crié : «A bas Guizot !»<br /> JEUDI. -- Les étudiants se sont rendus au monument de Molière.<br /> VENDREDI. -- Les étudiants sont allés faire une visite à M. de Chateaubriand.<br /> Mais quand est-ce que les étudiants étudient ?<br /> <br /> // No comment.<br /> Dans la plupart des églises de campagne, -- on a établi, le long d'un mur, un banc où se placent tous ceux qui ne peuvent pas payer leur chaise. -- Certes, s'il est un endroit où l'égalité ne devrait pas être une fiction, c'est l'église. -- Au-dessus de ce banc, -- il est écrit en grosses lettres : BANC DES PAUVRES.<br /> Ceux qui ne peuvent pas payer leur place en argent la payent en<br /> humiliation ; là où il n'y a rien le roi perd ses droits, -- mais pas l'Eglise. Si, dans l'église, il y avait une distinction possible à faire entre les pauvres et les riches, ce serait en donnant aux pauvres les meilleures places.<br /> Beaucoup de pauvres gens, qui ne peuvent pas payer leur chaise, se privent sur leurs besoins pour ne pas s'asseoir sous cet écriteau, -- d'autres ne vont pas à l'église.<br /> Il faut voir de quel air -- et de quel pas on présente le pain bénit au banc des pauvres.<br /> Quelle plus grande preuve de la sainteté et de la puissance de la religion que de la voir subsister malgré ce que font certains prêtres contre elle !<br /> <br /> // Se non e vero...<br /> M. ***, -- commissaire-priseur, -- a, l'autre jour, *mis sur la table*, comme ont dit à l'hôtel de la place de la Bourse, un violon de Stradivarius, -- avec toutes les attestations nécessaires à l'authenticité de son origine. -- M. *** l'a ainsi nommé : «Un violon de Stra, dit VARIUS.»<br /> <br /> // Beau titre que celui d'inventeur de la guerre civile. ;-)<br /> Le Phénicien Cadmus a inventé la guerre civile et l'alphabet. -- Son alphabet se composait seulement de seize lettres ; il serait curieux de calculer combien de sottises on écrit tous les jours rien qu'avec les huit lettres que les modernes y ont ajoutées.<br /> <br /> // Beneath a sky of steel...<br /> J'ai eu longtemps pour domestique un Indien fort noir auquel je m'avisai un jour de demander -- de quelle religion il était.<br /> -- Je ne sais pas.<br /> -- Qu'est-ce que tu adores ?<br /> -- Oh ! chez nous, nous adorons le soleil.<br /> -- Et ici ?<br /> -- Ici nous n'adorons rien.<br /> <br /> // Nature de l'électeur.<br /> Ne faites plus de grandes phrases avec les grands mots de joug brisé, de fers rompus. -- Allons donc, -- les hommes ne sont pas des esclaves, -- ce n'est pas vrai, -- ils se flattent, -- ce sont des domestiques volontaires -- qui aiment à changer de place et de maître.<br /> <br /> // Stochocratie -- au moins à titre temporaire.<br /> Mettez dans un chapeau --- les noms que vous voudrez, -- M. Fulchiron, mademoiselle Déjazet, -- M. Chambolle, Alcide Tousez, etc., etc., tirez au hasard, -- et ensuite, quel que soit le nom qui sortira de cette urne, -- laissez-vous gouverner et aidez un peu ce monarque improvisé et provisoire, -- je réponds que les affaires iront un peu mieux qu'elles ne vont, -- jusqu'au moment où vous serez convenus de ce que vous voulez.<br /> <br /> // Et on stigmatise les vieux socialistes énergiques !<br /> EXTRAITS DES JOURNAUX ANGLAIS. -- Un tourneur d'Huddersfield est occupé à confectionner quatre cents bâtons ferrés qui lui ont été commandés par les wighs libéraux, pour être employés contre leurs adversaires politiques aux élections de Wakefield.<br /> A Harwick, -- où deux candidats fort riches étaient en présence, -- les votes se sont payés de sept à huit mille francs ; les dix derniers qui devaient décider la question ont monté à cent mille francs.<br /> A Carlow, les tories ont tiré des coups de fusil sur leurs adversaires.<br /> <br /> // Tous ensembleuuu : dé-règle-ment cli-ma-tique an-thro-pi-queuuu !<br /> Au moins, pour ce qui a rapport à la température bizarre que nous avons cet été, les savants n'ont pas laissé les journaux s'égarer en théories absurdes et en saugrenuités : -- ils ont mêlé quelques niaiseries de leur cru à celles qui étaient en circulation.<br /> Ils ont attribué le froid et la pluie -- les uns à l'approche des montagnes de glace du pôle nord, les autres à la vapeur des chemins de fer, qui amoncelait les nuages ; -- d'autres ont dit que les neiges excessives ont rendu le soleil hydropique.<br /> <br /> // Provisionner par avance le coût des morts et des mutilés, ce n'est donc pas si nouveau, et c'était bien avant l'agro-alimentaire et BigPharma.<br /> DE L'HOMICIDE LÉGAL. -- Il existe à Paris une compagnie d'assurance contre les amendes et les dommages-intérêts que peuvent encourir les conducteurs de voitures lorsqu'ils écrasent quelqu'un, -- c'est-à-dire que, moyennant une prime payée annuellement, on peut se livrer à coeur joie à l'*homicide par imprudence*, -- crime prévu, qualifié et puni par tous les codes. -- De là à une compagnie d'assurance contre les mauvaises chances que MM. les voleurs peuvent rencontrer dans l'exercice de leur profession, il n'y a qu'un pas, et un pas et demi à l'assurance contre le chagrin que la justice voudrait faire à MM. les assassins.<br /> Il faut dire que cette compagnie est autorisée par le gouvernement.<br /> <br /> // Connaître son devoir...<br /> Comme on parlait, devant l'archevêque de Paris, du duel, que certains tribunaux, condamnent et que d'autres acquittent, -- monseigneur Ollivier, évêque d'Evreux, dont on connaît l'impétuosité, eut l'indiscrétion de dire à monseigneur Affre : -- «Mais enfin, monsieur, si on vous donnait un soufflet, que feriez-vous ? -- Monsieur, répondit l'archevêque de Paris, je sais bien ce que je devrais faire, mais je ne sais pas ce que je ferais.»<br /> <br /> // Faut avoir bien des mauvaises actions à se reprocher pour trembler devant un édito.<br /> Le gouvernement, de son côté, ne fait de cas que des journalistes. -- Un roman, une pièce de théâtre, ne peuvent que détruire la société ; qu'est-ce que cela fait ? mais un journal renverse un ministère, et ceci est grave.<br /> <br /> Le Cherche-Midi avait publié un recueil des pensées des boulevardiers, dont Karr.
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H
« Vous vous plaignez des épines des rosiers mais je me réjouis que les épines aient des roses.»<br /> Le problème ce que lorsque l’on a éradiqué les épines, il n’y a plus de roses !<br /> Je préfère voir les roses et m’activer à retirer les épines…
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