Cette gravure de Lewis, connue souvent sous un forme réduite qui ne laisse pas apparaitre le personnage qui se révèle caché dans la cheminée quand on observe l'œuvre à la bonne distance, illustre naturellement l'expérience de Rollins qui a débuté par un journal étrange.
Le jour de l’An étant férié, même pour un homme d’affaires aussi acharné que Rollins, celui-ci décida de rester chez lui. Il avait d’abord envisagé de rompre légèrement avec son habitude de longue date et d’aller dîner avec sa mère dans un restaurant chic du centre-ville, où ils auraient surtout profité de la musique et du changement d’ambiance plutôt que de la cuisine. Mais en apprenant que sa mère avait tout préparé pour le déjeuner à la maison, et encore marqué par les étranges expériences de la nuit précédente, Rollins saisit aussitôt cette excuse pour rester. Il reporta le dîner au restaurant à l’heure habituelle du soir, comme on le fait les jours fériés.
Après un petit-déjeuner léger pris dans son bureau, il demanda à être tranquille jusqu’à l’après-midi, prétextant qu’il voulait terminer l’analyse du journal intime. En réalité, il s’était endormi la veille sans avoir fini ce qu’il avait commencé. C’était l’excuse qu’il donna à sa mère – la seule personne à qui il rendait des comptes et peut-être la seule à se demander pourquoi il agissait parfois de façon si imprévisible. Mais sa mère semblait comprendre, et c’est pourquoi elle bénéficiait de certains privilèges.
Dès qu’il eut rapidement lu les nouvelles importantes du Times du matin – une habitude dont rien ne pouvait le détourner – et trié le peu de courrier arrivé ce jour-là, il baissa les stores, ferma les volets intérieurs des deux fenêtres de la pièce et ralluma des bûches. Il voulait retrouver le calme et l’obscurité de la pièce pour être seul avec ses rêves, ses visions, cette présence qui semblait désormais faire partie de lui.
Si on lui avait demandé à cet instant une analyse aussi lucide de lui-même que celles qu’il faisait des gens avant de les embaucher ou de traiter avec eux, Rollins aurait répondu qu’il était victime d’une hallucination en train de devenir une obsession. Il aurait ajouté qu’un tel homme est inutile en affaires et encombrant comme ami par son côté trop déconnecté.
Secrètement pourtant, il aurait admis à contrecœur qu’il était en pleine révolution intérieure. Ses façons de penser changeaient, fondées sur de nouvelles bases. Il désapprenait les anciennes leçons pour en apprendre de nouvelles ; il abandonnait ses vieilles croyances pour absorber lentement, de manière analytique, des convictions plus nobles et spirituelles venant comme d’une seconde personnalité.
Pour un autre, ce changement aurait été vu comme le développement d’un esprit religieux. Mais Rollins n’était pas en phase avec les églises et les cérémonies ; il pensait qu’un vrai changement spirituel ne pouvait venir que de l’intérieur, et il doutait qu’il puisse arriver sans l’influence hypnotique de grands prédicateurs.
Tourné vers la cheminée pour pouvoir contempler les flammes, il retrouva le même état de rêverie que la veille au soir. Il n’avait pas ressorti le journal de 1916 : malgré ce qu’il avait dit à sa mère, il ne comptait pas reprendre son étude avant plus tard. Il voulait rester libre dans son esprit, sans même tenir un papier ou un crayon. Il sentait que la cheminée allait à nouveau lui offrir une manifestation étrange, fruit de l’imagination, ou peut-être de la mémoire.
Était-ce vraiment l’imagination ?
Si oui, alors lui-même – son moi conscient, ses facultés créatives et rationnelles – avait tout inventé, tout fabriqué de ce qu’il avait vu et ressenti.
Certains naissent avec un don exceptionnel pour créer ainsi. L’imagination, si on la considère comme une faculté distincte du raisonnement logique habituel, a seulement besoin d’une base plausible pour y poser les pensées les plus folles, organisées selon le désir du rêveur.
Généralement, celui qui construit ainsi a déjà en tête la touche finale, la pierre clé qui rendra l’ensemble remarquable.
Anglais
Turned toward the fireplace so he could contemplate the flames, he returned to the same state of reverie as the evening before.
Allemand
Zur Feuerstelle gewandt, um die Flammen betrachten zu können, verfiel er wieder in denselben Zustand der Träumerei wie am Vorabend.
Espagnol
Orientado hacia la chimenea para poder contemplar las llamas, volvió al mismo estado de ensoñación que la noche anterior.
Italien
Rivolto verso il camino per poter contemplare le fiamme, ritrovò lo stesso stato di rêverie della sera precedente.
Portugais
Voltado para a lareira para poder contemplar as chamas, reencontrou o mesmo estado de devaneio da noite anterior.
Grec
Στραμμένος προς το τζάκι για να μπορεί να contempler τις φλόγες, ξαναβρέθηκε στην ίδια κατάσταση ονειροπόλησης όπως το προηγούμενο βράδυ.
/image%2F1411453%2F20260109%2Fob_bf1c5c_lewis-the-rosicrucian-contacting-the-c.jpg)
/image%2F1411453%2F20260109%2Fob_ef5d52_am.jpg)
/image%2F1411453%2F20250816%2Fob_08c800_bimbo-grok.jpg)

/image%2F1411453%2F20150809%2Fob_4194c5_bistrot-sante-6-180.jpg)