3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 23:53

loups.jpgLe manque de confiance en soi et l'ignorance engendrent la peur de l'autre et fait considérer l'inconnu comme un loup.

C'est ce qui faisait dire à  Plaute, 200 ans avant JC: l'homme est un loup pour l'homme, sauf pour celui qui sait quel homme vient (Homo homini lupus Est, homo non, Qualis sit non novis quom).  La formule, l'homme est un loup pour l'homme (Homo homini lupus) sera retenue et reprise de nombreuses fois.

Mais Pline le Jeune (100 ans avant JC) introduisait un éclairage plus inspiré: Pour un homme, celui qui l'aide est un dieu (Deus est homo homini a quo juvatur).

Mais dans la transmission de la Tradition, nos interactions avec le monde extérieur sont comprises comme une nécessaire réaction en miroir de ce que nous vivons intérieurement. Dans l'épitre de l'Agapè on trouve la formulation: "maintenant nous voyons dans un miroir, en énigme, mais nous nous verrons face à face".

Cette compréhension de l'extérieur comme une projection de la perfection infinie se retrouvait déjà chez Lao Tseu (le "vieux maître"), 5 siècles avant JC: "Vous êtes tous parfaits, moi seul suis perfectible".

C'est naturellement cette pensée qui va se retrouver chez les Rosicruciens comme Francis Bacon (1561-1626) qui va affiner discrètement la pensée de Pline le Jeune, pour l'opposer à la pensée plus vulgaire de Plaute: "Juger que l'homme soit dieu pour l'homme et pas un loup". (Iustitiae debetur quod homo homini sit deus non lupus).

Une manière de faire que l'on va retrouver également chez Spinoza (1632-1677) que l'on considère souvent comme un rosicrucien: "l'homme est dieu pour l'homme" (Homo homini deus). C'est un raccourci, mais ce n'est pas une approche marxiste qui pourrait laisser entendre que l'homme soit prédisposé à être inféodé par l'homme!

 

Suite à un souhait de Holic "Une question sur Bacon"

(image tirée de ce site)


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commentaires

Perceval 06/12/2010 16:30



Puisqu'il est question de sémantique un peu
plus bas, je voudrais attirer l'attention des rustres et des ignorants qui nous lisent par centaines que la phrase "l'homme est un loup pour l'homme" émane de Plaute (-254 à -184 avant JC). Ce
brave homme, auteur comique de profession, était connu pour ses saillies de l'esprit. Aujourd'hui on dit "balancer une vanne". Plaute a donné son nom à cette forme d'humour. Il était d'usage en
ces temps reculés que les jouvenceaux fassent preuve d’humour en faisant la cour aux jeunes et jolies demoiselles. Celles-ci parfois surprises par les propos comiques qui leur étaient tenus
minaudaient et disaient alors à leur soupirant : « mais je suis une jeune fille ! Veux-tu arrêter de me plauter ? ». Ou « arrête de me plauter ou je vais le dire à
mon père… ». Bref, il fallait plauter la belle pour s’assurer qu’elle souhaitait poursuivre la relation.


Il semble que cette expression et cet usage se
soit perdue au cours des âges. Désormais les jeunes filles acceptent volontiers de se faire plauter en tous lieux, en tout temps et par n’importe qui. Mieux ! Les jeunes filles elles mêmes
plautent les garçons pour s’assurer de la qualité de ceux-ci !
 Et ceux-ci, se sentant plautés, grandissent ! Nous vivons une époque fabuleuse!





Ceci était la minute de culture générale sans
quoi ce blog ne serait qu’un triste site hermétique …



Perceval 06/12/2010 06:53



Un bon anniversaire au patron du bistrot qui fête aujourd'hui ses...


Allez patron! Autant de tournées que d'années! On va en ramasser une sévère!



lebistrotdelarosecroix.com 06/12/2010 13:18



Merci!, Perceval, S2C toutes et tous. C'est gentil! Bien sûr, traditionnellement le messager s'efface devant le message! Puisse donc notre Bistrot, notre ludi ebrium (notre jeu d'ivrogne)
poursuivre son cheminement! Bien Fraternellement



Sulfate2Cuivre 06/12/2010 01:31



Merci Francis, tu peux y aller entre les accords que j'oublie , genres-nombres, participe passé.  Les lettres qui s'intercalent , les mots que je saute, les fautes d'orthographe etc..


Tu as de quoi faire !!!


Ça fait des années que j'écris le mot "chimère" avec la même faute!  Je te remercie mais après lecture des interventions, j'ai ma réponse qui vient  instantanément et il me faut écrire
vite sous peine de perdre les"images" . Je ne me relis pas de suite (Autrement, je perds un temps fou) et j'assume donc pleinement mes lacunes!


 



fm 06/12/2010 00:59



@S2C permet moi de briser d'un coup et une fois pour toutes, toutes tes "chymères"...


Ce concept d'animal fantastique auquel tu fait allusion n'existe pas! Il convient d'écrire ainsi: "chimère"!


Bien fraternellement!



Sulfate2Cuivre 05/12/2010 20:33



@Perceval, je comprends l'abandon intime que l'on nomme "foi" mais elle n'a pas valeur d'argument pour prétendre démontrer la divinité, ni même
pour la rendre accessible!


Toutes les expériences mystiques que j'ai eu la joie de vivre dans mon parcours rosicrucien ne m'ont apprit que nous sommes comme des enfants, nous manquons de rigueur et les mensonges deviennent
de plus en plus sofistiqués. J'aime ces echappés astrales, ce sentiment d'harmonisation ,  ces expériences de consciences différentes et variées, mais je me refuse de cautionner 
l'indémontrable. Si je soutenais l'indémontrable, je ne serais pas très différent de ces escrocs qui confondent croyance et connaissance, aliénation et objectivité!


Pas besoin d'être calé, cultivé pour débattre, il suffit d'être honnête! Là on s'aperçoitr que l'on ne sait pas grand chose et qu'il est très facile de trouver des arguments "massues" qui ne
briseront finalement que les chymères et la recherche d'un confort intelectuelle.


Le silence est le refuse de ceux qui ont quelque chose à perdre, rien de plus arrogant et dédaigneux que le silence en réponse à d'embarrasantes affirmations. Si on cherche réellement cette
utopique vérité, que l'on a une sincère quête de connaissance alors qu'importe qui prend le dessus ou non dans un débat, l'important restant l'échange! Si quelqu'un me prouve que j'ai tort, j'ai
gagné! Si personne n'arrive à me prouver que j'ai tort, je me dis qu'il viendrat bien un interlocuteur avec des arguments inédit. Il n'y a jamais de perdants dans la quête de la connaissance: A
tous les coups on gagne !



Perceval 05/12/2010 18:42



Je pense surtout que Maeterlinck voulait dire que la foi est quelque chose de très intime qui n'appartient qu'au croyant.


Je peux très bien croire en "Dieu" (pour lui donner un nom) sans croire aux simagrées des curés, rabins et autres imams... La foi est une chose personnelle. Est-il besoin de la confronter sur la
place publique? Je n'en suis pas sur. Est-il nécessaire de la mettre à l'épreuve de "l'expérimentation"? Chacun voit midi à sa porte.


Mais effectivement, si on décide de le faire, il vaut mieux avoir des arguments solides.


Surtout si on se trouve face à S2C !!!!



Sulfate2Cuivre 05/12/2010 14:58



@Maeterlick: "...elles doivent être supérieures aux silence qu'elles rompent"


Mouais pas difficile car dans le silence ne résonne que l'ego et  l'aliénation , l'auto-suffisance.


Mettre sa compréhension à l'épreuve du feu des échanges contradictoires est une autre paire de manches car ca implique des reflexions poussées ...


Tu es le bienvenu aux débats!



Perceval 05/12/2010 14:19



@Holic et S2C


« Rien ne vous force à parler de votre Dieu, mais si vous entreprenez de le
faire, il est nécessaire que vos explications soient supérieures au silence qu’elles rompent. »


Maeterlick


 



Sulfate2Cuivre 05/12/2010 12:52



Alors si cela ne se démontre pas , si on  avance le fait que cela est indémontrable physiquement.., tu ne vantes qu'une aliénation!


Pffff... Expérimenter n'est plus une expérience dès lors ou il n'y a pas la distance nécessaire qui permet d'être sceptique. En cela, on prétend que le rosicrucien est un éternel  point
vivant d'interrogation .., cela suppose qu'il n'y a plus croyances.


Je sais que toute connaissance doit-être perpétuellement remise en question.., dieu étant artificiel puisqu'il demande une croyance et n'est en rien démontrable., l'affaire semble close ou alors
ca va virer à l'autisme des croyances.



Dieu est le pire aveu d'ignorance et on en est à comparer et à spéculer sur des lapins imaginaires  en dehors du fait qu'il faut un ego démesuré pour prétendre pouvoir appréhender un concept
pareil


 



Holic 05/12/2010 11:24



@Sulfate2Cuivre, je ne comprend pas où tu te situe avec l'indemontrabilité de Dieu (ou le principe supérieur, l'Etre, l'Un si ça passe mieux pour toi) les faits sensibles sont la tendance
naturelle de l'homme à percevoir un principe supérieur, mais les autres faits, supra-sensibles ceux-là, ne peuvent se démontrer physiquement (ce qui est logique, le contraire les réduirait à des
faits physiques) mais intelligiblement ou intuitivement. On ne peut pas dire que seules les démonstrations physiques sont valables, les démonstrations de valeurs intelligibles sont à prendre en
considération, nous n'inventons pas nos cultures (et donc nos croyances) nous suivons un ordre sensé (exeption faite des phathologies lol).



Sulfate2Cuivre 05/12/2010 11:01



Comme je le répète souvent, je n'ai rien contre l'expérimentation "métaphysique" , je la pratique comme beaucoup, mais il ne me viendrait pas à l'idée d'ériger l'indémontrable au rang de vérité
ou de faits!


Dieu est un concept indémontrable, on peut le garder comme éventuelle possibilité dans un tiroir mais y croire est une aliénation revendiquée!


Tu parles de "déanchantements" cela implique déjà en soi une aliénation revendiquée, des arrangements défavorables à la quête même de la "vérité" donc sa négation pure et simple.


Dieu est donc un moyen de revendiquer l'obscurantisme et relève bien de spéculationsnon-fondées autrement on aurait nul besoin d'y croire!


 


 



Holic 05/12/2010 10:15



Qu'en penser? De la phrase bien sur....Dire que Dieu n'est peut-être pas éternel, absolu, ou infini c'est ça qui a un air de dogme, même au nom d'un prétendu libre arbitre. Les attributs
divins sont des constatations métahphysiques pas des specalutaions non-fondées. Les nier n'a rien d'un progrès mais juste de la prétention à se croire évolué. Les comprendre réellement par contre
demande un certaine effort. Ce que j'ai voulu exprimer aux travers de la phrase "l'homme un Dieu pour l'homme??", c'est que je ne suis pas d'avis avec une telle participation au désanchantement
du monde (rosicrucienne ou autre, peut importe). Dieu ne peut-être contenu à l'interieur de l'homme mais seulement l'homme à l'interieur de Dieu (transcance et non immanence).
Fraternellement.



Sulfate2Cuivre 05/12/2010 10:05



"Chaque rosicrucien ayant son libre arbitre, il n'est pas possible de répondre à "qu'en penser"".


Qu'est ce qui permet de t'imaginer cela? Le libre arbitre, on ne l'a pas tant que cela puisque nos capacités à choisir dépendent de notre conditionnement. Pour disposer de véritables choix, il
faut au préalable réunir les conditions indispensables pour gagner cette liberté!


 


 



Sulfate2Cuivre 05/12/2010 01:11



Qu'en penser?


Euh, je pose la question dans l'autre sens à quoi sert de nier ce qui n'a jamais été clairement et réellement établit ???


Idem pour l'idée de la désacralisation, il faudrait déjà établir le "sacré" . Une boite de conserve, un mouchoir peuvent avoir un caractère sacré pour certains et d'autres peuvent se torcher avec
une bible.


De quoi parle t-on? De culture, d'universalisme, de compréhension, de connaissance?


Derrière chaque idée philosophique, se tiennent des pièges qui  se fondent dans des clichés culturels qui foutent la merde . A la place de simplifier nos approches, on les complique avec des
artifices et le résultat et que chacun s'imagine  savoir de quoi il parle alors qu'il ne fait que se raconter des histoires!


il ne fait aucun doute que l'homme est un loup pour l'homme. Une société de prédateurs ou les plus salauds, les plus forts et les plus vicieux profiteurs imposent leurs lois. Compétitions depuis
le berceau, réussite, profit  en n'oubliant pas de culpabiliser et de traire ce qui sont à la traine


Non, l'Homme n'est pas un dieu ou alors aussi salaud que ceux des religions à qui on doit les pires périodes de l'histoire de l'humanité


Être un homme, gagner en humanité, c'est déjà un sacré challenge pour cet animal plus que nuisible !






Holic 04/12/2010 22:40



En fait, avec cette phrase,  j'avais en tête l'idée de désacralisation du sacré. En disant que l'homme est le dieu de l'homme, on nie l'éternité, l'absoluité et l'infinité de Dieu et donc
ses principaux attributs. Qu'en penser?



lebistrotdelarosecroix.com 05/12/2010 01:23



Bonjour Soror,


Chaque rosicrucien ayant son libre arbitre, il n'est pas possible de répondre à "qu'en penser"...


Pour les attributs divins il y a eu le message suivant:


http://www.lebistrotdelarosecroix.com/article-gadlu-61483944.html


Mais pour ramener à la démarche rosicrucienne, peut être est-il bon de rappeler que le sentier rosicrucien vise à se débarrasser des dogmes, des croyances, auxquelles on substituera une
expérimentation subtilement orientée vers le fonctionnement de l'être intérieur. 


Bien fraternellement



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