2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 11:53

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L'histoire du rosicrucianisme est jonchée d'expériences étonnantes et Spencer Lewis, comme les rosicruciens new-yorkais, racontaient parfois l'étrange visite qu'ils reçurent en 1917 alors que le siège de leurs activités était dans un grand immeuble de la 48e rue à New-York.

 

Leur local comportait au deuxième étage, les bureaux, la salle d'accueil et, dans une extension du bâtiment, la loge, tandis que les étages supérieurs comportaient les salles de rédaction, l'imprimerie, les bureaux du secrétariat, une salle de déjeuner, et quelques chambres de repos.

 

Un samedi matin, vers 11h, un homme entra.

 

Il devait avoir environ 45 ans et il affichait la robustesse et la santé d'un paysan étranger portant des vêtement très usés...

 

Il y avait un gentil sourire dans ses yeux, et ses lèvres.

 

D'un parlé hésitant, il demanda s'il s'agissait du bureau de l'Ordre rosicrucien.

 

Il y avait un accent étranger et, en dépit de ses vêtements, ses manières étaient celles d'une personne instruite et cultivée, mais sans l'entendre parler, un garçon de bureau aurait décidé qu'il était un colporteur ou un émigrant, cherchant son chemin en ville, et il ne lui aurait accordé que peu d'attention. 

 

Sous son pseudonyme de Royle Thurston, Spencer Lewis nous raconte:

 

Je passais justement dans la salle d'accueil lorsqu'il est arrivé et c'est donc à moi qu'il s'est adressé.

 

Je l'ai invité à s'asseoir dans un coin de la pièce et, avant que je ne lui pose la moindre question, il m'a dit:

 

-"Je suis un étranger dans votre ville, et même un étranger dans votre pays. Ayant entendu parler de votre Loge ici, je suis venu vous demander une faveur. Pardonnez-moi si je vous dérange, mais lundi matin, je vais commencer à travailler dans votre ville et auparavant je dois m'y préparer. Je suis totalement sans fonds, et je demande de m'accorder le privilège de me confier quelques menus travaux afin que je puisse gagner quelque nourriture et un endroit pour dormir jusqu'à lundi matin".

  

Lewis poursuit:

 

"Je lui ai posé quelques rapides questions sur lui-même et, quand je lui ai demandé son âge, il me dit de façon significative qu'il connaissait même l'heure de sa naissance: 11 heures du matin.

 

"J'ai noté ses cordonnées de naissance avec l'intention de faire rapidement son thème pendant mes heures de repos le dimanche, afin peut-être de trouver quelque chose en lui qui pourrait m'aider à lui fournir une utile information avant qu'il ne commence à travailler le lundi. 

 

"Je lui ai proposé de lui permettre de dormir dans l'une des salles de repos, et naturellement de partager notre repas. Il insista cependant, pour qu'il lui soit permis de gagner par son travail la nourriture ou l'abri que nous lui donnerions en déclarant qu'il apprécierait de nettoyer, frotter, balayer ou faire la poussière.

 

"Il a précisé qu'il n'avait pas pris de petit déjeuner mais, bien que l'heure de midi approchait, il ne penserait pas à manger quoi que ce soit avant d'avoir d'abord donné un service en échange.

 

"Bien sûr, j'ai réalisé que les motivations de l'homme étaient provoquées par un bel esprit et vu qu'il était samedi et que les portes des bureaux étaient fermées, j'ai suggéré que, s'il voulait, il pourrait commencer par faire un peu de ménage dans la Loge et le Temple à l'arrière des locaux car il n'y avait pas d'activité à ce moment de la journée.

 

Après lui avoir montré l'endroit où le concierge gardait ses balais, serpillières et seaux, il fut introduit à la porte de la Loge.

 

Lorsqu'il s'approcha du Temple, il se tint sur le seuil, mais il hésita à entrer.

 

Son étonnement et son embarras apparent devaient être causés par le pittoresque temple égyptien, qui, vu depuis le seuil était particulièrement inattendu à cet endroit, auquel on n'accédait qu'après avoir traversé des bureaux qui, eux, ne semblaient pas différents de ceux de toute entreprise.

 

N'ayant pas spécialement de temps à passer avec lui, je l'ai laissé sur le seuil procéder à sa façon et environ une heure plus tard, à 12h30, je suis retourné au Temple l'appeler pour déjeuner.

 

Durant cette heure, il avait nettoyé le sol du Temple et il avait fait si complètement et si soigneusement son travail que le soin qu'il y avait apporté ressortait d'une manière évidente.

 

Il se lava les mains et remit sur lui son vieux manteau, et a essayé de se rendre présentable pour le petit repas à la table au deuxième étage, où plusieurs d'entre nous mangeaient tous les jours.

 

Un déjeuner spécial avait été préparé en raison de la présence de cet étranger, et nous avons remarqué qu'il était resté très calme durant la bénédiction précédant le repas, et ensuite son comportement approprié permettait à chacun de se rendre compte que l'homme avait vécu des jours plus heureux et plus prospères dans le passé.

 

Ses commentaires étaient toujours gentils, doucement prononcés et avec certaines inflexions qui donnaient à ses remarques une importance extrême.

 

Je me souviens qu'à un moment il fit une intervention, un peu comme un discours qui m'a fait croire qu'il aurait été un bon orateur.

 

À un autre moment, il nous mit presque des larmes aux yeux et nous nous sommes sentis proches de lui, nous étions comme des frères...

 

Le repas avançant, nous apprîmes qu'il était issu d'une riche famille vivant à Marseille sur la côte méditerranéenne.

 

Il nous dit que son père était un riche banquier et sa mère une femme douce et savante.

 

Il admit, sans prétention ni affectation, qu'il pouvait écrire et parler huit ou dix langues, y compris le perse et le syriaque.

 

Pourquoi était-il dans cette situation financière qui l'obligeait à chercher un emploi si peu valorisant, et pourquoi portait-il ces vieux vêtements, il ne nous le dit pas, mais cela nous permettait de supposer qu'il s'était éloigné de la maison il y a un certain nombre d'années et ayant finalement, par quelque moyen, émigré en Amérique, il avait erré dans New-York et obtenu finalement la promesse d'un travail peu gratifiant à partir de lundi matin...

 

Le Secrétaire Suprême veillait sur lui pendant le repas et je me souviens d'une remarque étrange et insignifiante qu'il avait faite:

 

-"C'est moi qui devrait être le serviteur à la table des Maîtres." 

 

Lorsque le repas fut terminé, cela nous a semblé bien trop tôt, tant l'étranger était intéressant.

 

Nous pensions tous qu'il y avait à son sujet une énigme à résoudre avant de lui permettre de nous quitter...

 

Pourtant l'heure était venue pour que nous quittions les lieux pour le week-end, mais l'étranger insista pour terminer sa tâche dans le temple.

 

Il appela notre attention sur le fait qu'il n'avait pas encore dépoussiéré les sièges, les bancs et les accessoires de cette grande pièce.

 

Il nous demanda même la permission de rester l'après-midi pour nettoyer les bureaux en échange du privilège de pouvoir dormir dans une des petites chambres à l'étage au dessus.

 

Mais pendant qu'il allait travailler dans le Temple, nous ne pouvions pas attendre davantage et le Secrétaire et moi-même sommes allés travailler sur son thême astral...
 

Son ciel de naissance nous a clairement montré que nous êtions en présence d'une âme remarquable et d'un vrai mystique.

 

Chaque aspect planétaire, chaque angle était digne de nombreuses minutes d'études et donc plusieurs heures lui furent consacrées.

 

Nous ne savions pas combien de temps avait déjà été employé à étudier son thème astral que l'étranger revint nous demander s'il ne pourrait pas travailler dans les bureaux parce qu'il avait fini dans le Temple.

 

Le secrétaire et moi-même sommes alors allés au Temple pour voir ce qu'il avait fait, et nous avons été surpris par la minutie du travail effectué en si peu de temps.

 

Réalisant que nous n'étions pas prêts à quitter le bureau, il a demandé s'il pouvait aller à l'étage boire un verre d'eau. 
 

Il s'absenta pendant quinze ou vingt minutes et quand il est revenu au bureau, nous avons trouvé normal de lui dire que estimions qu'il avait fait un travail très largement suffisant pour le peu d'aide que nous pouvions lui procurer sous la forme du repas et du logement.

 

Mais nous fûmes surpris quand nous nous sommes aperçus qu'il s'apprêtait à nous quitter plutôt qu'à rester comme nous pensions qu'il voulait le faire.

 

Nous envisagions qu'il allait passer l'après midi et la journée du dimanche avec le concierge, mais au lieu de cela, il se préparait à partir.

 

Il tendit la main pour nous dire au revoir.

 

Je m'approchais de lui avec ma main tendue.

 

Il s'inclina en formant un arc avec son corps et instantanément nos deux mains se frappèrent et je découvrais tout à coup qu'il m'avait donné la poignée de main d'un haut officier de l'Ordre Rosicrucien.

 

Stupéfait, je le dis au Secrétaire Suprême.

 

Le Secrétaire s'approcha et l'étranger lui dit:

 

-"Frère Secrétaire, je suis très heureux de vous avoir rencontré."

 

Il donna aussi au secrétaire le même signe et la poignée de main. C'était la poignée de main d'un Illuminati.

 

Tandis qu'il se trouvait devant la porte de sortie, il fit demi tour et en s'inclinant, le corps voûté formant un arc, et comme on le voit si souvent faire par des étrangers, il souleva son chapeau et dit:

 

-"Je suis heureux Messieurs d'avoir eu le plaisir pour ma première visite dans votre Temple de nettoyer la loge et de rendre le service que j'ai rendu."

 

Il fit ensuite un signe avec sa main droite qui est fait en Europe par les officiers lorsqu'ils quittent le Temple.

 

C'est un signe de bénédiction.

 

En un instant, il était parti.

 

Quelle leçon d'humilité et de grandeur.

 

Durant des semaines, cette histoire fut d'un immence profit, à New-York, pour tous les membres de la loge.

 

Et un jour, une lettre nous parvint de la Nouvelle -Orléans.

 

Elle provenait de l'étranger et elle permettait d'établir l'histoire complète.

 

Il était effectivement le fils d'un grand banquier qui avait plusieurs succursales en Amérique, y compris une à la Nouvelle-Orléans.

 

Mais il était davantage que le fils d'un banquier.

 

Il était l'un des plus hauts dirigeants de l'Ordre en France et en Egypte, et un membre du Haut Conseil de l'Ordre en Suisse.

 

Il avait volontairement changé ses vêtements à New York pour se donner lui même l'apparence d'un pauvre paysan afin de faire appel à nous dans ce déguisement pour nous offrir ses services, en se présentant avec humilité, et nous permettre de découvrir son être réel par d'autres moyens.

 

Les mois suivants, d'autres lettres vinrent de lui après son retour en Europe, et son contact avec notre organisation fut l'une des plus belles expériences de notre vie.

 

Combien de nos membres, espérant visiter la Loge de l'Ordre dans un pays étranger serait prêt à entrer dans une telle humilité, demandant le privilège de servir en qualité de domestique afin de se familiariser avec le véritable esprit des personnes liées à la Loge?

 

Et pourtant, ce grand Maître s'est prouvé à lui-même, et a prouvé aux autres, que l'esprit de l'idéal rosicrucien est maintenu en activité dans ce pays comme il l'est dans les pays étrangers.

 

En conclusion de sa lettre, il nous a cité cet phrase significative:

 

-"J'étais un étranger, vous m'avez accueilli et vous m'avez donné du pain!"

 

(Voir aussi "quand Lewis se fait inspecter"...)

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