4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 13:28
Dans la Cuisine de Martines de Pascually

Les Habitués se doutent bien que Martines de Pascually (1727-1774) ne devait pas manger de cochon...

 

Sa famille juive ibérique avait été convertie de force au christianisme et leur sincérité avait été testée en leur faisant manger du marrano, du cochon en espagnol, ce qui faisait d'eux des marranes.

 

Mais cela ne nous précise pas ce que Martinez appréciait de manger... Le Bistrot se penche aujourd'hui sur ce problème d'une haute portée spiritique...

 

Contrairement aux français, les portugais apprécient tout particulièrement le chevreau qu'ils nomment "cabrito" (le petit cabri) qu'ils préparent de différentes manières, certaines permettant de le conserver longtemps.

 

Une première partie se mange rapidement: "assardo", c'est à dire rôti au four.

 

Une deuxième partie sera consommée quelques jours plus tard: "à Transmontana", une marinade dans laquelle on reconnait du Porto et du "piri-piri", un piment rouge qui laisse au palais un souvenir cuisant...

 

Et enfin, pour le conserver deux semaines, le reste est préparé "à la Norteña", une marinade avec de la "chicha de jocha" qui est, comme chacun sait, une bière de maïs que les navigateurs portugais ont ramené des incas...

 

Restait pour Martines à se procurer le cabri...

 

C'est là qu'intervenait sa haute science: ses élèves étaient précisément chargés de se procurer la tête d'un cabri mâle à la peau noire indispensable au fameux rituel d'expiation des Réaux-Croix...

 

Pour mémoire, la tête était placée avec les yeux ouverts au Nord du temple, la langue avait été extraite et placée à l'Ouest et la cervelle, extraite elle aussi, était au Sud.

 

Tous ces éléments étaient tour à tour brûlés pour se débarrasser à jamais de ce qu'ils représentaient...

 

C'est assez basique: la tête pentagrammatique du petit bouc évoquait les mauvaises influences, la cervelle, les mauvaises pensées et les mauvais souvenirs, et la langue, les mauvaises paroles...

 

Lorsque tout était réduit en cendres, à l'Est une bougie portant le nom du mystérieux archange Uriel était allumée...

 

Uriel (représentation ci-dessus inspirée d'une icone orthodoxe) est un archange ou parfois un "saint archange", une expression chrétienne politiquement correcte de la divinité égyptienne Seth, puisque, les Habitués l'auront compris, il s'agit évidemment d'un rituel sethien destiné à se rendre digne d'accéder à un plan supérieur pour lequel Seth/Uriel représente le Gardien du Seuil. portant l'épée et le feu purificateur destiné à "brûler ce qui n'est pas conforme". 

 

Curieusement, lorsque Martines prit de la distance et mourut, le cabri devint progressivement moins important dans les rituels... Ainsi la tête, la cervelle et la langue furent remplacées par des représentations symboliques...

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commentaires

JF Var 07/03/2019 01:55

Les ancêtres de Martines de Pasqually avaient peut-être été marranes, mais lui non. Il se voulait bon catholique et exigeait de ses disciples qu’ils le soient. Ainsi Hauterive, qui était huguenot, a dû se convertir.
Saint-Martin, avant de s'éloigner de la maconnerie, y a bel et bien été impliqué au point de devenir CBCS, Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte.
Enfin je conteste vigoureusement que le séraphin Uriel, avec qui j’ai quelques liens, ait quoi que ce soit de commun avec Seth.

lebistrotdelarosecroix.com 08/03/2019 10:34

Merci Jean François de prendre position officiellement!
Nous pourrions nous accorder sur le fait que la culture familiale de Martines était marrane. Libre à lui d'en faire ce qu'il en souhaitait! Anecdotiquement, dans l'environnement lyonnais de JBW, Paganucci avait lui aussi une culture marrane.
Concernant le côté "bon catholique" qui t'es cher je ne manquerai pas de développer prochainement au Bistrot les nuances du positionnement de JBW pour lequel semble t-il nous divergeons!
En approfondissant la relation particulière de LCSM avec JBW lors des 2 grandes périodes de la vie lyonnaise de LCSM, on peut imaginer dans les coulisses quelques nuances dans leur approche des CBCS...
Concernant Uriel, son approche dans l'égrégore chrétien a notoirement évolué au cours des âges. Peut être serait-il utile qu'un prochain message du Bistrot développe à son sujet la 3e partie du rituel Reau-Croix.
En tout cas encore merci pour cette intervention.
Bien fraternellement

Trecentesius 04/03/2019 18:51

Je lis que Guénon a parlé de ce Martines de Pascually. Je commence à retrouver des noms connus, c'est bon signe ! Bon je retourne à la lecture des nombreux textes récemment reçus.

lebistrotdelarosecroix.com 05/03/2019 13:57

Oui T. René Guénon est une autorité dans la plupart des milieux maçonniques. Moins dans les milieux rosicruciens!
Pascually recrutait ses Elus-coens dans les milieux maçonniques.
Certains diront qu'il n'y avait pas de distinction entre fm et rc au 18e siècle...
Toutefois Saint-Martin ne voulait pas entendre parler de franc-maçonnerie...
Bonne continuation_/\_

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