18 avril 2018 3 18 /04 /avril /2018 10:47
Un Rituel à Lyon

Ce temple protestant de la rue Fénelon à Lyon, dans le 6e arrondissement, a joué un rôle discret dans l'histoire du rosicrucianisme au cours de la période de l'après guerre, lorsque Jeanne Guesdon, revenue des USA, participait à la diffusion en France de la culture rosicrucienne américaine issue de Spencer Lewis.

 

Un petit groupe de personnes s'était constitué à la fois par cooptation et par des contacts privés avec Jeanne Guesdon.
 

Il y avait des francs-maçons protestants qui ne trouvaient pas leurs aspirations mystiques tant chez les francs-maçons catholiques, à tendance jésuite, nombreux à Lyon, que chez les athées dissidents. Il y avait des guénoniens à la recherche d'un soufisme occidental. On trouvait aussi des élu-coens se présentant comme martinistes et désireux d'ouvrir à d'autres leurs pratiques. Il y avait aussi des francs-maçons "égyptiens", inspirés par Cagliostro et organisés par Ambelain. D'autres déclaraient chercher le Graal, et appartenaient parfois à des sectes diverses qui ont toujours discrètement fleuri à Lyon comme par exemple ces "gens", des johanistes qui naturellement écrivaient "gens", "jeans".

 

Tous se sentaient profondément rosicruciens et étudiaient chez eux les monographies dactylographiées par le Grand Maître Jeanne Guesdon et ils se réunissaient le samedi soir, deux fois par mois dans une petite salle de réunion mise à leur disposition par cette "église luthérienne de Lyon". La convocation à 20h25 permettait à chacun de venir un peu avant que le rituel ne commence.

 

Tout débutait par quelques minutes de méditation dans les vapeurs d'encens et la semi- obscurité de la pièce marquée par un silence impressionnant.

 

Le Maître se nommait Soror Jeane Blanc et elle pratiquait un rituel très dépouillé préconisé par le successeur de Spencer Lewis: son fils Ralph qui avait inventé les "pronaos", des groupes naissants qui ne nécessitaient qu'un minimum d'organisation.

 

Jeane Blanc s'exprimait avec une austérité et une sacralité qui inspirait le respect:

 

-"Gardien! Tous ceux qui se trouvent ici présents sont-ils habilités à participer aux travaux du "Pronaos Lumière"?

 

C'était ainsi que se nommait l'assemblée qui deviendra quelques années plus tard en 1960, le "Chapitre Jean-Baptiste Vuillermoz".

 

Le Gardien, un immense gaillard qui mesurait 2m et se nommait Frater Lance lui répondait:

 

-"Vénérable Maître, j'atteste qu'il en est bien ainsi de tous ceux qui sont ici présents"...

 

-"Fratres et Sorores, levez vous!" 

 

Le Maître invitait les participants à placer leurs deux mains sur le cœur puis se tournait vers la Rose+Croix qui avait été placée derrière lui, marquant l'est symbolique de la pièce.

 

Jeane semblait l'activer en traçant dans l'espace un triangle pointe en haut. Le Maître allumait alors une bougie placée à sa droite puis se tournait vers les participants et tous harmonisaient les aspirations de leur cœur et de leurs pensées en plaçant leur main droite au centre de leur poitrine et l'index de leur main gauche au milieu de leur front.

 

Pas de masque martiniste, pas de batterie maçonnique, pas d'épée templière, chacun s'asseillait et les travaux du jour commençaient simplement.

 

Le Maître allumait une petite lampe pour mieux voir son message longuement préparé et le lisait avec une diction parfaite...  

 

La lecture pouvait durer 3/4 d'heure et susciter des échanges inspirés au cours desquels les participants ne se répondaient jamais entre eux. S'adressant seulement et symboliquement au Maître après avoir capté son attention, ils se levaient et effectuaient depuis leur place le même symbole que le Maître avait tracé devant la Rose+Croix puis ils s'exprimaient en commençant toujours par "Vénérable Maître".

 

Le rituel terminé, Jeanne Blanc éteignait sa bougie à l'aide d'un éteignoir, rangeait ses documents puis se levait pour aller saluer chacun.

 

L'heure était venue, la réunion s'achevait et chacun veillait à ne pas contrarier la concierge. Il n'y avait pas d'agapes maçonniques, et chacun regagnait sa maison en emportant un trésor au fond de lui...

 

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commentaires

Néhira 19/04/2018 22:11

Merci Francis pour votre réponse à mon message !

Ayant fréquenté un certain temps un Pronaos amorcquien, votre récit m'a remis dans l'ambiance; par contre, je ne me souvenais pas du tout de ce signe triangulaire tracé par le Maître, d'où mon interrogation à ce sujet. Alors "dissonance" du fait de votre canalisation ou exactitude mais disparition possible d'un tel souvenir dans ma mémoire, peu importe; l'ambiance reste là !

En fraternité,

Amitiés, Néhira

lebistrotdelarosecroix.com 01/06/2018 00:41

Ce qui est amusant c'est que lorsqu'on effectue ce symbole dans l'espace de la manière indiquée on peut décrire le geste à la fois comme un triangle et comme une croix.

Néhira 19/04/2018 18:28

C'est toujours un bonheur de redécouvrir l'ambiances des réunions d'antan, en quelque Organisation que ce soit. Ici, celle de ce "pronaos" Lyonnais (pluriel Pronaoï") est bien spécifique à l'AMORC. Merci de ce partage !

Puis-je vous poser deux question, Francis ?

1 - Source de ce document ?

2 - Vous en souvenez-vous personnellement encore, ou avez-vous une idée du tracé de ce triangle; Du sommet vers la base dans le sens horaire ou anti-horaire ?

En fraternité,

lebistrotdelarosecroix.com 19/04/2018 20:59

Merci Néhira de partager ce bonheur! Je vais essayer de vous répondre avec le plus de rigueur possible... Ce message est avant tout le partage d'une captation. Il y a parfois des éléments dissonants du fait de mon canal, nul n'est parfait, et de nouveaux éléments surgissent souvent à la suite des messages de Bistrot s'il y a lieu de corriger, de compléter, voire de recouper des éléments qui ont pu m'être donnés tout récemment ou à d'autres époques.
En réalité, dans cette incarnation je n'ai jamais mis les pieds dans ce temple luthérien, je n'ai pas non plus mis les pieds dans un pronaos amorcquien... Je n'ai jamais rencontré Soror Blanc ou Frater Lance. Mais je mentirais en disant que tout est fictif... Je suis convaincu qu'ils ont bel et bien vécu, même si c'est une superbe allégorie de nommer "Blanc" le Maître et "Lance" le Gardien...
L'activation avec le symbole du triangle se fait devant soi (dans le sens antihoraire) avec 3 doigts de la main droite, la gauche étant placée sur le cœur. Le bras se lève et marque un temps d'arrêt sur le point supérieur du triangle puis les bras descend vers la gauche et marque un temps d'arrêt sur le point inférieur gauche, puis le bras vas à droite sur le point inférieur droit et marque un temps d'arrêt. Le symbole est en quelque sorte validé en remontant à nouveau vers le point supérieur puis en baissant le bras.
Bien fraternellement
Francis

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